« Kaiser » en Allemagne et couvé au Bayern Munich, l’ancien Marseillais n’a jamais réussi à empêcher les critiques de pleuvoir dans son propre pays.Franck Fife/AFP
Franck Ribéry a pris tout le monde de court hier en faisant ses adieux à l'équipe de France dans un entretien accordé au magazine allemand Kicker, deux mois après son forfait pour le Mondial en raison d'une lombalgie. À 31 ans, l'attaquant du Bayern Munich tire donc un trait sur sa carrière internationale après 81 sélections (16 buts) et laissera comme dernière image en bleu sa sortie en catimini de Clairefontaine, le 6 juin, quelques heures après avoir dû renoncer, la mort dans l'âme, à la Coupe du monde au Brésil.
« J'arrête. J'ai réalisé que le moment était venu. Je veux consacrer plus de temps à ma famille, me concentrer sur mes tâches avec le Bayern Munich et aussi laisser ma place aux nombreux jeunes de talent de l'équipe nationale. Il faut savoir s'arrêter, le moment est venu d'aller de l'avant », a expliqué celui qui a porté pour la dernière fois le maillot frappé du coq le 5 mars contre les Pays-Bas, en amical au Stade de France.
En annonçant donc sa retraite internationale, Franck Ribéry a clos pour de bon son histoire compliquée en équipe de France, débutée en fanfare au Mondial 2006 mais passablement ternie par le fiasco retentissant de la Coupe du monde 2010 et l'épisode peu glorieux de la grève de l'entraînement. Quel souvenir « Francky » laissera-t-il sous le maillot bleu ? Celui d'un gamin insouciant, pris sous son aile par l'icône Zidane en Allemagne, ou celui du meneur, voire du « mutin » de Knysna où les tricolores ont implosé en direct devant les caméras du monde entier ? Sans doute les deux.
Un footballeur « bling bling »
Son parcours international s'apparentera en tout cas à un énorme gâchis, vu son potentiel énorme. Le natif de Boulogne-sur-Mer n'a jamais su réellement s'émanciper et endosser les habits du leader quand l'heure de la retraite a fini par sonner pour les derniers grognards de la période dorée (Thuram, Vieira, Barthez, Sagnol, Makelele). Plus à l'aise dans le rôle d'amuseur de vestiaire que de patron, Ribéry sera finalement passé à côté de toutes ses phases finales quand il a fallu monter au front seul et assumer le rôle du chef.
C'est surtout la campagne désastreuse de 2010 en Afrique du Sud, où il est passé à la postérité pour son implication dans la mutinerie du 20 juin, qui a fini par le discréditer aux yeux de l'opinion publique. Suspendu 3 matches par la Fédération française de football, Ribéry a longtemps traîné cette histoire comme un boulet, quelques mois seulement après le déclenchement de « l'affaire Zahia » (soupçons de relations sexuelles avec mineur) pour laquelle il a finalement été relaxé en janvier 2014. Au point de symboliser jusqu'à la caricature l'image du footballeur « bling bling » ou vulgaire.
« Kaiser » en Allemagne et couvé au Bayern Munich depuis son arrivée en Bavière en 2007, l'ancien Marseillais, souvent la cible des enquêtes d'opinion en France, n'a jamais réussi à empêcher les critiques de pleuvoir dans son propre pays où ses fautes de syntaxe et ses cicatrices sur le visage, séquelles d'un accident de voiture durant son enfance, ont été la cible de moqueries.
Élu meilleur joueur par l'Uefa en 2013 et auteur d'un fabuleux quintuplé avec le Bayern Munich (Ligue des champions, championnat, Coupe, Supercoupe d'Europe, Mondial des clubs), le Bavarois était sans doute dans la forme de sa vie à six mois de la Coupe du monde.
Mais comme rien n'est jamais simple avec lui, la situation a commencé à se retourner au début de l'année. Ribéry, qui marche à l'affectif, n'a jamais digéré son échec au Ballon d'or. Quelque chose s'est visiblement cassé le 13 janvier à Zurich chez le n° 7 des Bleus, obligé de s'incliner face à Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Ribéry n'a ensuite pas été aidé sur le plan physique : il y a d'abord eu une opération (hématome à une cuisse) début février, puis des douleurs dorsales qui ont handicapé sa fin de saison avec le Bayern avant de finir par l'éjecter du groupe France, trois jours avant le départ pour la Coupe du monde, et de causer une polémique entre l'encadrement médical des Bleus et celui du Bayern. Le joueur a alors pris fait et cause pour son club dans cette affaire, actant de fait une cassure définitive avec l'équipe nationale.
Le dénouement d'hier n'en est que plus logique, Ribéry ayant vu comme tout le monde que les troupes de Deschamps, quarts de finaliste, étaient parvenues à se débrouiller parfaitement sans lui au Brésil. Malgré la perspective de l'Euro 2016 organisé en France, le moment était venu pour lui de tirer sa révérence.
(Source : AFP)


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Bon débarras avec son esprit malsain et gréviste !!!! Avoir du talent n'autorise pas un sportif de faire de la politique.
21 h 43, le 14 août 2014