Erdogan président... et maintenant, la Turquie vers où ?

Comme un sultan...

OLJ
11/08/2014

Ses fidèles le vénèrent autant que ses critiques le haïssent. Vainqueur hier du scrutin présidentiel dès le premier tour, Recep Tayyip Erdogan s'est imposé en onze ans comme un maître absolu de la Turquie.
Selon des résultats partiels portant sur trois quarts des bulletins exprimés, M. Erdogan a récolté plus de 52 % des voix dans ce scrutin disputé pour la première fois au suffrage universel direct, loin devant ses deux rivaux de l'opposition. Candidat commun de l'opposition sociale-démocrate et nationaliste, Ekmeleddin Ihsanoglu, un historien réputé de 70 ans qui a dirigé l'Organisation de la coopération islamique (OCI), a réuni quelque 39 % des suffrages, alors que celui de la minorité kurde, Selahattin Demirtas, n'en a rassemblé que près de 9 %. M. Ihsanoglu, qui n'a pu lui opposer que son image de grand-père rassurant mais sans relief, a dénoncé dimanche une « campagne injuste et disproportionnée » de son rival, mais sans parvenir à susciter le sursaut des « masses silencieuses » qu'il espérait. Quant au candidat des Kurdes, un avocat de 41 ans au sourire photogénique, il n'a pas réussi à mordre au-delà de cette communauté de 15 millions d'âmes.
Si elle se confirme, cette victoire annoncée constituerait un succès personnel pour le chef du gouvernement, au pouvoir depuis 2003, qui rejoindrait ainsi le père fondateur de la République moderne et laïque, Mustafa Kemal Atatürk, parmi les dirigeants les plus emblématiques du pays. Grand favori de ce scrutin, M. Erdogan avait déjà fait savoir qu'il conserverait les rênes de la Turquie depuis la présidence, dont il veut considérablement renforcer les prérogatives au prix d'une réforme de la Constitution. « Le président élu et le gouvernement élu œuvreront main dans la main », a souligné hier le chef du gouvernement en glissant son bulletin dans l'urne dans un bureau de vote d'un quartier de la rive asiatique d'Istanbul.
Et sitôt élu, M. Erdogan s'est dirigé vers la mosquée historique Eyüp Sultan d'Istanbul pour prier, comme le faisaient les sultans ottomans avant de monter sur le trône....

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