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Culture - Festivals - Beiteddine

Bertrand Cantat, « chœur » battant de l’« Antigone » de Wajdi Mouawad

C'est une « Antigone » de feu et de soufre portée par Bertrand Cantat que Wajdi Mouawad présente, encore ce soir, dans la petite cour du palais des émirs.

Énergie incandescente d’un chant et d’une musique rock qui font trembler le sol et vibrer les textes des chœurs grecs. (Jean-Louis Fernandez)

Un cri, un son guttural, des mots scandés sur une musique rock à l'énergie primale... Et toute la puissante déchirure de la voix de Cantat se déploie à ciel ouvert. Pourfendant la nuit de Beiteddine, elle semble jaillir du fond de ses entrailles comme une lave violente et désespérée... Cette voix déchirante, d'une sensualité sauvage, d'une intensité hallucinatoire, plonge dans la nuit des temps, dans les tréfonds de l'âme humaine pour en faire ressortir l'immémoriale douleur, l'acuité d'un destin implacable, le feu incandescent des émotions fatales... Une voix qui entremêle, dans un même souffle, les transes des chœurs antiques et celles d'un concert rock, écrasant tout sur son passage, reléguant les protagonistes de la tragédie grecque au rang de pantins dérisoires !
Car, il faut le reconnaître, même si cette vérité risque de froisser de nombreuses sensibilités, c'est Betrand Cantat, compositeur de la musique et voix unique du chœur d'Antigone, qui porte la pièce de Sophocle, mise en scène par Wajdi Mouawad. Un Cantat qui, nonobstant toutes les controverses, l'imprègne de l'énergie foudroyante d'un rock habité, de l'incandescence d'un chant et d'une musique qui font trembler le sol et vibrer les textes des chœurs grecs. En parallèle, les scènes sans musique passent au second plan, les dialogues et les personnages perdent de leur densité. Pour frôler même parfois – involontairement ? – le tragi-comique. L'on retient cependant de la pièce, à la traduction modernisée tout comme les costumes, des bribes de tirades, de sentences, de réflexions qui nous parlent – plus particulièrement aux Libanais – de « la prudence qu'il faut garder face au pouvoir, surtout si celui-ci est tyrannique » ; « de la nécessité de faire le deuil, d'enterrer les morts des guerres fratricides, afin de laisser vivre les vivants... ».
Car Antigone, figure puissante qui s'élève non contre l'ordre établi mais contre le non-respect dû à la loi du sang, pose la question de la justice, du respect dû aux morts, quels qu'ils soient. Ainsi, pour rendre les honneurs funèbres et enterrer son frère Polynice, elle brave l'interdiction de Créon, maître de Thèbes. Qui la condamne à être emmurée vivante. Malgré les lamentations des sages et les supplications d'Hémon, son fils et fiancé d'Antigone, Créon s'obstine dans l'application de sa décision. Aveuglement d'un pouvoir mêlé d'orgueil... Seuls les présages de l'oracle Tirésias le feront douter, mais hélas trop tard : Antigone et Hémon (court rôle, interprété par Wajdi Mouawad lui-même) se sont entre-tués et la mère de celui-ci, Eurydice, s'est suicidée. Ultime fatalité de la lignée de Cadmos le Phénicien, roi de Thèbes et aïeul d'Antigone, elle-même fille d'Œdipe !
« Il est ici-bas des choses redoutables, mais nulle qui ne soit plus redoutable que l'homme... » Sombre poésie des mots scandés par l'ex-chanteur de Noir Désir sur cette scène à ciel ouvert, où une structure métallique en fond de plateau fait office de fenêtre aveugle, comme le destin...Et l'on revient sur la performance de premier plan de Cantat martelant « Heureux sont ceux qui du malheur leur vie durant n'ont pas connu le goût », qui donne à cette version (moyennement) « mouawadienne » toute l'intensité de son ressenti !

Un cri, un son guttural, des mots scandés sur une musique rock à l'énergie primale... Et toute la puissante déchirure de la voix de Cantat se déploie à ciel ouvert. Pourfendant la nuit de Beiteddine, elle semble jaillir du fond de ses entrailles comme une lave violente et désespérée... Cette voix déchirante, d'une sensualité sauvage, d'une intensité hallucinatoire, plonge dans la nuit des temps, dans les tréfonds de l'âme humaine pour en faire ressortir l'immémoriale douleur, l'acuité d'un destin implacable, le feu incandescent des émotions fatales... Une voix qui entremêle, dans un même souffle, les transes des chœurs antiques et celles d'un concert rock, écrasant tout sur son passage, reléguant les protagonistes de la tragédie grecque au rang de pantins dérisoires !Car, il faut le reconnaître, même si cette...
commentaires (2)

Viva Cantat ! Wajdi Mouawad est un auteur a succes, mais sa seule prouesse de metteur-en-scene d’Antigone c’est d’avoir eu l’idee de transformer le choeur antique en un orchestre rock avec l’extraordinare Bertrand Cantat, qui écrase tout sur son passage. Lui et le Choeur/orchestre sont les vrais tragediens de ce spectacle. Personne n’est a la hauteur de sa performance. Quant au reste, il vaut mieux ne pas en parler trop en detail: des comediens mediocres, sans presence, ni voix, ni diction, une mise-en-scene inexistente, qui se pretend moderne, et surtout la bêtise d’avoir donné le role phare d’Antigone a l’insupportable Charlotte Farcet (Mme W. Mouawad dans la vie), erreur impardonable, une insulte a Sophocle, au Theatre et au Public.

Gerard Avedissian

15 h 48, le 09 août 2014

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Commentaires (2)

  • Viva Cantat ! Wajdi Mouawad est un auteur a succes, mais sa seule prouesse de metteur-en-scene d’Antigone c’est d’avoir eu l’idee de transformer le choeur antique en un orchestre rock avec l’extraordinare Bertrand Cantat, qui écrase tout sur son passage. Lui et le Choeur/orchestre sont les vrais tragediens de ce spectacle. Personne n’est a la hauteur de sa performance. Quant au reste, il vaut mieux ne pas en parler trop en detail: des comediens mediocres, sans presence, ni voix, ni diction, une mise-en-scene inexistente, qui se pretend moderne, et surtout la bêtise d’avoir donné le role phare d’Antigone a l’insupportable Charlotte Farcet (Mme W. Mouawad dans la vie), erreur impardonable, une insulte a Sophocle, au Theatre et au Public.

    Gerard Avedissian

    15 h 48, le 09 août 2014

  • Je me demande comment certains acceptent...que cette crapule chante au Liban...! Bertrand Canta a tué sa compagne Marie Trintignant ,et il n'a purger que seulement 4 ans de prison ! ,(grâce à des astuces juridiques...) comment ce triste personnage ose encore chanter et se faire applaudir...?

    M.V.

    09 h 26, le 09 août 2014

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