Au bout de quatre jours de laborieuses tractations, M. Rachid Karamé a réussi à former un cabinet de dix membres dont il s'est réservé, avec la présidence du Conseil, les départements des Finances et de la Défense nationale. Tous les autres ministres sont des extraparlementaires réputés pour la plupart chéhabistes (...)
Il y a lieu de remarquer qu'à côté des trois ministres sunnites, MM. Rachid Karamé, Rafic Naja (Économie) et Mohammad Knio (Intérieur et Hygiène), et des trois ministres maronites, MM. Émile Tyan (Justice), Wajdi Mallat (Affaires sociales) et Georges Naccache (Travaux publics), un seul ministre représente chacune des autres communautés (...)
On ignore évidemment si la nouvelle équipe obtiendra la confiance de la Chambre. Si elle répond aux vœux des chéhabistes dont le théoricien, M. Georges Naccache, devait figurer dans toutes les combinaisons avancées dans la soirée et soumises à l'approbation du chef de l'État, elle ne manquera pas d'irriter certains députés de la majorité qui se veulent beaucoup plus ministrables que chéhabistes (...)
Pour les karamistes, la concession de ne plus former un cabinet parlementaire constitué exclusivement par des majoritaires est un signe de bonne volonté « afin d'éviter la provocation et pour faciliter la tâche du chef de l'État ». Il s'agit en réalité d'un repli stratégique après qu'ils ont eu la preuve de leur incapacité de former un cabinet partisan. Ce constat d'impuissance est dû au fait que la minorité dispose de larges assises populaires en plus de sa valeur proprement représentative sur les plans régional et confessionnel (...)

