Le discours d'investiture pour le second mandat du président syrien Bachar el-Assad a été suivi avec beaucoup d'intérêt par les différentes parties libanaises. Les proches du 14 Mars ont préféré y voir une attitude triomphaliste hors de propos et qualifier le président d'extraterrestre qui vit hors des réalités, alors que les proches du 8 Mars y ont vu le discours du chef d'un pays qui a surmonté de longues années d'épreuves et qui est en train de tourner la page de la guerre tout en ayant préservé son intégrité et ses choix politiques. Pour le 14 Mars, Assad n'a rien compris à ce qui s'est passé au cours des trois dernières années. Il n'entend pas les protestations de son peuple et son discours d'investiture ne montre aucune intention d'ouvrir un dialogue sérieux avec l'opposition installée à l'étranger ni de procéder à des réformes de nature à réduire les prérogatives présidentielles. Le 8 Mars répond à ces conclusions par l'argumentation suivante : les dernières élections ont montré que le président Assad est effectivement appuyé par son peuple, puisque non seulement il a obtenu un nombre important de suffrages, surtout en tenant compte des circonstances difficiles dans lesquelles les élections se sont déroulées en Syrie même dans les capitales internationales, mais plus de 60 % des suffrages qu'il a obtenus sont ceux des électeurs sunnites. En d'autres termes, un grand nombre de sympathisants de la révolution ont donc changé d'avis en cours de route en voyant que l'opposition est désormais contrôlée par les groupes extrémistes dans la mouvance d'el-Qaëda, dans lesquels les Syriens ne se reconnaissent pas. En votant Assad, ils ont opté pour l'État syrien contre les milices, les divisions religieuses et confessionnelles, et contre le chaos. Pour le 8 Mars, Assad a donc réellement remporté une victoire pour son pays, pour l'unité de la Syrie et pour l'État, et dans son discours, il a effectivement exclu un dialogue avec les composantes de l'opposition installées à l'étranger, qui, selon lui, ne représentent pas réellement le peuple syrien.
Les sources du 8 Mars sont convaincues que le vent en Syrie est en train de tourner. Ces sources racontent les détails de la visite de la conseillère du président syrien, Bouthayna Chaabane, à Oslo et ses entretiens avec de nombreuses personnalités occidentales, dont le ministre norvégien des Affaires étrangères, l'ancien président américain Jimmy Carter, l'ancien émissaire de l'Onu en Syrie, Kofi Annan, et le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les questions politiques Jeffrey Feltman. Les sources du 8 Mars précisent ainsi que Mme Chaabane avait commencé par recevoir un mail pour participer à ce forum qui se tient chaque année à Oslo. Elle en a parlé au président Assad qui l'a encouragée à poursuivre le contact. Après avoir fait part de son intérêt pour ce forum, Mme Chaabane a donc reçu une invitation officielle pour y participer. Elle s'est donc envolée pour Oslo et dès son arrivée, elle voit une limousine qui l'attendait. Ce traitement est en général réservé aux émissaires présidentiels et montre donc indirectement que la Norvège reconnaît son statut officiel et celui du président syrien. D'ailleurs, à peine installée dans son hôtel, Bouthayna Chaabane est sollicitée par le ministre norvégien des Affaires étrangères avec lequel elle a un entretien constructif. Le lendemain, le forum a lieu et après son intervention, Mme Chaabane a un échange avec l'ancien président Jimmy Carter auquel elle rappelle sa rencontre avec l'ancien président Hafez el-Assad. Au cours de la séance qui précède la clôture du forum, elle reçoit un mot de la part de Feltman qui souhaite la rencontrer. Chaabane accepte volontiers cette demande consciente de l'importance d'un tel entretien, Feltman ayant, comme il l'aurait dit lui-même, « une double casquette », celle de l'Onu et celle de l'ancien fonctionnaire de l'administration américaine. Les sources du 8 Mars affirment que d'emblée, le secrétaire général adjoint des Nations unies dit à son interlocutrice que l'administration américaine est convaincue que le président Assad est indéboulonnable et que l'opposition syrienne n'est pas en mesure de le faire chuter. Mais il précise à Mme Chaabane que le président des États-Unis ne peut pas procéder à une aussi importante volte-face sans risquer de se discréditer. Il faut donc trouver un scénario qui lui permette de sauver la face. C'est alors que Bouthayna Chaabane propose l'organisation sous l'égide de l'Onu d'un congrès international pour la lutte contre le terrorisme, auquel le président syrien serait convié, au même titre que de nombreux autres dirigeants concernés par cette lutte. L'idée peut être retenue, mais elle a besoin de temps pour mûrir et se concrétiser. Feltman aurait aussi demandé à Mme Chaabane si le président syrien préfère une personnalité arabe ou occidentale pour prendre le relais de Lakhdar Brahimi qui a démissionné de sa fonction d'émissaire spécial de l'Onu chargé du dossier syrien. Mme Chaabane a aussitôt indiqué que l'État syrien préfère que ce ne soit pas une personnalité arabe et c'est ainsi que l'Italo-Suédois Staffan di Mistura a été désigné.
Les sources du 8 Mars estiment que le fait d'inviter Bouthayna Chaabane à ce forum en Norvège est déjà un message clair de la part de la communauté internationale, les autorités d'Oslo n'auraient pas lancé une telle invitation sans avoir obtenu au préalable l'aval de l'Onu, le forum se déroulant sous sa houlette, et de ceux qui y sont influents comme les États-Unis. De plus, les contacts établis par Mme Chaabane en marge de ce forum montrent aussi que la communauté internationale a modifié son approche de la crise syrienne. Cela ne signifie certes pas que la guerre en Syrie est finie ni que les ambassades occidentales vont rouvrir leurs portes à Damas rapidement. Mais simplement que la guerre a aujourd'hui un titre clair : il ne s'agit plus d'un conflit interne entre un régime et son opposition, mais de la lutte d'un État et d'une population contre des groupes terroristes. De même, les contacts diplomatiques et sécuritaires avec l'État syrien ont repris, même s'ils sont encore discrets. Le processus est donc amorcé et pour s'en convaincre, il n'y a qu'à entendre les vives critiques adressées par certaines figures du 14 Mars à la Norvège après l'invitation adressée à Mme Chaabane. Mais le 8 Mars est convaincu que cette visite à Oslo n'est que le début d'un changement irréversible en faveur du régime syrien, même s'il doit prendre du temps.
Lire aussi
L'EI poursuit ses massacres : 115 personnes tuées à Homs
Netanyahu fait taire à sa droite ; Abbas accusé de protéger l'occupant


Inviter Baschar à un conférence contre le terrorisme !!! Waoh ! Le prochain article suggèrera le prix Nobel de la paix .... Celui d'après le prix du meilleur dirigeant pour sa relation humaine avec le peuple..... C'est le genre d'article qui font sourire le WE ! Lundi sera un autre jour !! Ce n'est pas mme Chaabane qui va payer le prix des crimes commis par son camp ... Ça c est la seule certitude de cet article! Mais maintenant cette dame est en situation de danger dans le nid des criminels qui l'entourent
19 h 52, le 20 juillet 2014