Le compte à rebours a commencé pour les parents des détenus dans le cadre des affrontements de Tripoli. C'est effectivement aujourd'hui qu'expire « l'ultimatum » lancé par les familles des combattants et chefs de front de Bab el-Tebbané si leurs fils ou proches ne sont pas relâchés.
Après avoir bloqué une artère vitale qui relie la capitale du Nord au Akkar pendant plusieurs jours, et menacé de recourir à l'escalade, les familles des combattants avaient finalement accepté de rouvrir les voies sur une promesse qui leur avait été donnée par les responsables politiques de la ville qui s'étaient engagés à examiner sérieusement le dossier.
La question qui reste toutefois en suspens est de savoir si oui ou non les détenus seront libérés aujourd'hui. Le seront-ils tous ou une partie d'entre eux ? Rien n'est encore sûr à ce stade, mais les informations qui circulent indiquent qu'il est probable que certains détenus soient relâchés, ceux qui avaient des peines légères à purger et qui l'ont pratiquement fait, mais non les chefs des axes dont les responsabilités dans les affrontements ont été considérées plus importantes.
C'est ce que confirme une source proche du dossier qui précise que les « simples combattants qui n'ont pas de lourdes implications dans les combats qui avaient endeuillé la ville pourraient être relâchés. Pour les chefs de front, il n'en est pas question pour le moment ».
Une information qui rejoint les rumeurs qui circulaient hier soir parmi les parents des détenus, devant les tentes dressées à Bab el-Tebanné. Les parents des détenus croient savoir notamment que près de « dix hommes relevant de Ziyad Allouké, l'un des caïds de Tebbané, mais pas lui, seraient notamment libérés aujourd'hui ».
Une chose est certaine, affirme un habitant de Tripoli : peu de gens sont aujourd'hui disposés à soutenir le mouvement de protestation s'il devait dégénérer, encore une fois, en troubles dans la ville, notamment par le biais du blocage des routes, une mesure qui s'est avérée complètement impopulaire. C'est le cas pour le mouvement salafiste par exemple, dont l'une des figures de proue, cheikh Salem Raféi, a affirmé à L'Orient-Le Jour ne pas avaliser les moyens utilisés par les familles pour réclamer la libération des leurs.
Pour sa part, le député de Tripoli, Mohammad Kabbara, a indiqué dans un entretien accordé à l'agence al-Markaziya, que ce dossier est actuellement « examiné de manière sérieuse ». Le député a assuré que « les familles ne comptent pas recourir à l'escalade d'autant que de sérieux efforts sont déployés pour lever l'injustice commise à l'encontre des détenus ». Selon M. Kabbara, « plusieurs personnes ont été arrêtées parce qu'elles ont porté les armes pour défendre leur dignité et leur ville, en l'absence de l'État ».
Le député a précisé que « ce sont près de 80 personnes qui sont aujourd'hui accusées de terrorisme et de former des groupuscules armés, ce qui n'est pas absolument pas vrai ». Il a précisé que les ministres de la Justice et de l'Intérieur, Achraf Rifi et Nouhad Machnouk, effectuent actuellement une médiation sous la houlette du chef du courant du Futur, Saad Hariri, pour trouver une issue à ce problème.
Liban
Les familles des détenus de Tripoli dans l’expectative
OLJ / le 17 juillet 2014 à 00h00

