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Moyen Orient et Monde - Ukraine

La stratégie de l’UE : sanctionner Moscou, mais pas trop...

Une femme et sa fille fuient les combats à Donetsk en direction de la Russie dans un des bus fournis par les séparatistes. Alexander Khudoteply/AFP

Les dirigeants européens étaient réunis hier soir à Bruxelles pour décider de durcir les sanctions contre la Russie en raison de la crise en Ukraine, mais sans aller jusqu'à des mesures économiques d'envergure, selon des responsables européens.
« Ce qui est prévu, c'est un certain rehaussement » des sanctions « qui ne va pas jusqu'au niveau 3 », c'est-à-dire celui de mesures susceptibles d'affecter fortement l'économie russe, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Cette décision reflète la volonté des Européens « de faire preuve de fermeté tout en maintenant le dialogue », a-t-il expliqué. Le ton était pareil à Berlin, où la chancelière Angela Merkel a estimé que la Russie « n'avait pas suffisamment satisfait » les attentes pour faire baisser la tension en Ukraine, selon son porte-parole Steffen Seibert. Pour justifier ces sanctions, le président Petro Porochenko avait souligné, lors de multiples contacts directs et téléphoniques avec les Occidentaux, que « des combattants et des armes » continuaient toujours d'arriver de Russie dans l'Est où le conflit a fait plus de 600 morts en trois mois.
Selon une source diplomatique, les nouvelles sanctions devaient comprendre notamment le gel de programmes en Russie menés par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). Les États-Unis ont laissé entendre mardi soir qu'ils pourraient durcir unilatéralement leurs sanctions contre la Russie si l'Union européenne ne les suivait pas dans leur démarche destinée à faire plier Moscou sur l'Ukraine. L'Union européenne a jusqu'ici interdit la délivrance de visas et gelé les avoirs d'une soixantaine de personnalités russes et ukrainiennes impliquées dans l'escalade du conflit entre les deux pays.
Les efforts diplomatiques menés par l'Allemagne et la France pour trouver une solution pacifique à la crise ukrainienne semblaient dans l'impasse depuis plusieurs jours, mais deux dirigeants rebelles ont annoncé hier soir à Donetsk qu'une visioconférence du « groupe de contact » sur l'Ukraine (OSCE, Ukraine, Russie) se tiendrait avec la participation des insurgés ce soir ou demain soir, chacun donnant une date différente. La veille, l'OSCE avait déploré qu'une telle réunion n'ait pu avoir lieu et en a rejeté la responsabilité sur les rebelles.

« Planifié depuis 2004 »
Et sur le terrain, la tension est toujours palpable entre Kiev et Moscou. Les combats faisaient rage hier dans l'Est ukrainien, les séparatistes tentant d'enfoncer les lignes des forces gouvernementales près de la frontière avec la Russie. Onze militaires ukrainiens supplémentaires ont été tués en l'espace de 24 heures, tandis que des centaines de corps de rebelles ont été découverts sommairement enterrés à Slaviansk, un ancien fief séparatiste, a annoncé l'armée.
Andriy Lysenko, porte-parole du Conseil ukrainien de défense et de sécurité, a déclaré aux journalistes que les séparatistes avaient poursuivi leurs attaques dans la nuit contre les positions du gouvernement le long de la frontière. Les troupes gouvernementales sont tombées dans une embuscade des séparatistes à Izvarino à la frontière, et il y a eu des combats hier matin très tôt près du site frontalier de Stepanivka quand les séparatistes ont tenté de briser l'encerclement de l'armée. M. Lysenko a à nouveau accusé la Russie de renforcer ses forces près de la frontière. Il a ajouté que les avions de guerre ukrainiens avaient reçu le feu vert pour rependre les combats dans l'Est. Ils avaient été temporairement immobilisés mardi après qu'un avion de transport militaire An-26 eut été abattu.
Par ailleurs, des centaines d'habitants de Donetsk prenaient des bus fournis par les séparatistes en direction de la Russie pour fuir le conflit. Dans ce contexte, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk s'est montré particulièrement critique envers le président russe Vladimir Poutine. « Tout ce qui se passe en Ukraine est planifié par la Russie depuis 2004. Poutine a un plan très clair qui est de détruire l'Ukraine et d'établir son influence sur l'espace postsoviétique », a déclaré Arseni Iatseniouk dans un discours public diffusé par son site Internet.
(Sources : agences)

Les dirigeants européens étaient réunis hier soir à Bruxelles pour décider de durcir les sanctions contre la Russie en raison de la crise en Ukraine, mais sans aller jusqu'à des mesures économiques d'envergure, selon des responsables européens.« Ce qui est prévu, c'est un certain rehaussement » des sanctions « qui ne va pas jusqu'au niveau 3 », c'est-à-dire celui de mesures susceptibles d'affecter fortement l'économie russe, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Cette décision reflète la volonté des Européens « de faire preuve de fermeté tout en maintenant le dialogue », a-t-il expliqué. Le ton était pareil à Berlin, où la chancelière Angela Merkel a estimé que la Russie « n'avait pas suffisamment satisfait » les attentes pour faire baisser la tension en...
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