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Nos lecteurs ont la parole - Fanny Houvenaeghel

Des vétérinaires au secours de la sécurité alimentaire

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le ministère de l'Agriculture ont lancé une campagne de vaccination de l'ensemble du bétail au Liban. Seringue en main depuis le 17 mars 2014, les vétérinaires libanais sont prêts à relever le défi.
Si l'afflux des Syriens au Liban fait l'actualité au sein de la société libanaise et des médias, on parle peu des animaux. Or plusieurs dizaines de milliers d'entre eux ont traversé la frontière depuis 2011. Des vaches aux moutons, en passant par les chèvres et brebis, les animaux accompagnent les réfugiés dans leur fuite. L'impact aurait pu être moins grave s'il existait un système de contrôle sanitaire à la frontière en rapport avec cette situation d'exception. Mais connaissant la porosité des frontières et la vulnérabilité des contrôles pour les flux de personnes, on imagine le degré de contrôle des flux bestiaux. Ainsi, la plupart des animaux sont arrivés sans avoir été contrôlés selon les procédures en vigueur.
Dans le contexte actuel, le phénomène est particulièrement inquiétant car les services vétérinaires ne fonctionnent plus correctement en Syrie. Les nouveaux arrivants sont donc potentiellement porteurs de maladies et menacent sévèrement la santé du cheptel libanais. En cas de transmission de virus au bétail libanais, le quotidien des éleveurs serait fortement affecté. Dans le Nord et dans la Békaa, de nombreux foyers tirent leur revenu de l'élevage. Si les animaux sont atteints de maladies, ils seront impropres à la consommation, moins résistants et mourront plus facilement. Il s'ensuivra une diminution inévitable du revenu des éleveurs, qui comptent déjà parmi les populations les plus vulnérables au Liban.
Face à ces enjeux, la FAO et le ministère de l'Agriculture ont élaboré et entamé la mise en œuvre d'un programme d'urgence d'envergure. Des dizaines de vétérinaires arpentent le Liban dans le cadre d'une campagne de vaccination massive des animaux contre trois principales pathologies (LSD, FMD et PPR). Le projet, financé par le gouvernement britannique à travers son Département du développement international, vient en appui au programme que mènent chaque année les services vétérinaires du ministère de l'Agriculture libanais.
« Le projet va améliorer la santé et la productivité animales », souligne le Dr Ahmad Majali, le consultant international du projet. Il s'agit aussi de réduire l'impact indirect sur la sécurité alimentaire au Liban. Pour cela, le projet comprend un volet de distribution de nourriture pour le cheptel. Les éleveurs sont en effet confrontés à un manque de ressources alimentaires pour assurer la vitalité de leur bétail.
L'objectif est de taille, tout comme les obstacles à surmonter. Les animaux sont principalement répartis dans les régions au nord et à l'est du Liban. Si dans la Békaa le cheptel est plutôt concentré dans des zones faciles d'accès, la topographie diffère autour de Baabelk et de Hermel. Les animaux sont ici éparpillés dans les montagnes, ce qui complique la tâche des vétérinaires. Ensuite, tout le cheptel n'est pas répertorié. Certains animaux passeront sûrement à travers les mailles du filet et continueront de constituer une menace potentielle. Enfin, le manque de sécurité dans la région pourrait perturber les activités de vaccination et de distribution de nourriture.
Comme tous les projets de la FAO, celui-ci possède un double objectif. À court terme, il s'agit de contenir la diffusion des épidémies par la vaccination et de soutenir les agriculteurs en leur fournissant des compléments alimentaires pour leur bétail. À moyen terme, le projet vise le renforcement du secteur animalier au Liban. C'est dans ce cadre que les vétérinaires ont suivi une formation sur la surveillance et l'apparition des épidémies. Des experts du ministère de l'Agriculture et du Laboratoire de santé animale suivront une formation sur la gestion des données et des statistiques. Enfin, neuf coopératives laitières ont été sélectionnées pour participer à la mise en pratique des « farmer field schools », des écoles où les éleveurs pourront acquérir les connaissances de base pour détecter les épidémies.
Le représentant au Liban de la FAO illustre par sa démarche et ses propos l'ambition du projet : « Cette opération est originale par son ampleur. Elle gagnerait à être élargie à l'ensemble des pays riverains de la Syrie pour juguler tout risque d'extension de ces maladies dans une région très sensible. Telle est la stratégie sous-régionale de la FAO qui a déjà commencé à préparer les plans opérationnels pour susciter l'intérêt des bailleurs de fond. »

Fanny HOUVENAEGHEL
Stagiaire à l'Institut de science politique USJ et à la FAO

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le ministère de l'Agriculture ont lancé une campagne de vaccination de l'ensemble du bétail au Liban. Seringue en main depuis le 17 mars 2014, les vétérinaires libanais sont prêts à relever le défi.Si l'afflux des Syriens au Liban fait l'actualité au sein de la société libanaise et des médias, on parle peu des animaux. Or plusieurs dizaines de milliers d'entre eux ont traversé la frontière depuis 2011. Des vaches aux moutons, en passant par les chèvres et brebis, les animaux accompagnent les réfugiés dans leur fuite. L'impact aurait pu être moins grave s'il existait un système de contrôle sanitaire à la frontière en rapport avec cette situation d'exception. Mais connaissant la porosité des frontières et la vulnérabilité des contrôles...
commentaires (1)

Appel au Ministre de l’Agriculture - LE PLAN AGRICOLE– 10 ANS PLUS TARD Nous sommes familiers avec vos positions courageuses précédentes en matière d’environnement et nous espérons que vous en ferez de même pour l’Agriculture. Le bel article de Fanny Houvenaegel démontre clairement les dangers qui menacent les Libanais, si les 6 initiatives proposées par la FAO ne sont pas exécutées rapidement. Nous espérons en recevoir confirmation de votre part, avant fin juillet, si possible, vu l’urgence de la situation. Nous vous prions, en outre de nous informer si les initiatives prévues en 2005, dans le PLAN AGRICOLE parraine, a l’époque, par la FAO vont etre appliquees. : Section 3.1 : Evaluer et contrôler les maladies animales au Liban : 2006/2010– Budget :$3,250, 000 Section 3.2 : Organiser, améliorer, et réguler les industries laitières et de la viande au Liban : 2006/2010 - Budget $955,000 Section 3.3 : Etudier le statut des abattoirs et leurs résidus: 2006/2007 – Budget $320,000 Section 3.4 : Controller et organiser l’usage des médecines vétérinaires : 2006/2010 – Budget $60,000 Si, comme nous le craignons, rien n’a été fait dans tous ces domaines depuis 2005, pourriez-vous nous en informer ? Respectueusement votre, George Sabat

George Sabat

18 h 26, le 15 juillet 2014

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Commentaires (1)

  • Appel au Ministre de l’Agriculture - LE PLAN AGRICOLE– 10 ANS PLUS TARD Nous sommes familiers avec vos positions courageuses précédentes en matière d’environnement et nous espérons que vous en ferez de même pour l’Agriculture. Le bel article de Fanny Houvenaegel démontre clairement les dangers qui menacent les Libanais, si les 6 initiatives proposées par la FAO ne sont pas exécutées rapidement. Nous espérons en recevoir confirmation de votre part, avant fin juillet, si possible, vu l’urgence de la situation. Nous vous prions, en outre de nous informer si les initiatives prévues en 2005, dans le PLAN AGRICOLE parraine, a l’époque, par la FAO vont etre appliquees. : Section 3.1 : Evaluer et contrôler les maladies animales au Liban : 2006/2010– Budget :$3,250, 000 Section 3.2 : Organiser, améliorer, et réguler les industries laitières et de la viande au Liban : 2006/2010 - Budget $955,000 Section 3.3 : Etudier le statut des abattoirs et leurs résidus: 2006/2007 – Budget $320,000 Section 3.4 : Controller et organiser l’usage des médecines vétérinaires : 2006/2010 – Budget $60,000 Si, comme nous le craignons, rien n’a été fait dans tous ces domaines depuis 2005, pourriez-vous nous en informer ? Respectueusement votre, George Sabat

    George Sabat

    18 h 26, le 15 juillet 2014

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