Le chef du PSP, Walid Joumblatt, a dénoncé hier la « surenchère » pratiquée par le Hezbollah et souligné que ce dernier « devra s'expliquer devant les Libanais » sur son comportement. Il a également accusé la Syrie de vouloir « remettre la main sur le Liban ».
« Compte tenu de l'offensive militaire israélienne contre les Palestiniens à Gaza et de la question des prisonniers libanais en Israël, la logique du Hezbollah peut justifier l'enlèvement » des deux soldats israéliens, a déclaré M. Joumblatt, avant d'ajouter : « Les Arabes sont exaspérés par l'intensité de la répression israélienne à Gaza. Leur réaction première est de soutenir le Hezbollah. Mais en kidnappant ces deux soldats, le Hezbollah joue un jeu très dangereux. Nous ne sommes plus dix ans en arrière. Israël a évacué le Liban. Ces enlèvements dépassent les frontières de notre pays. Le Hezbollah pratique une surenchère, soutenue par l'Iran et par la Syrie, qui est devenue depuis un an un État satellite de Téhéran (...)
L'attaque israélienne a déjà commencé. Les premiers dégâts sont énormes. Déjà les touristes qui avaient profité de six mois de calme partent. Mais le Hezbollah va devoir s'expliquer devant les Libanais (...)
La Syrie cherche à déstabiliser le Liban, à faire sauter son gouvernement (...) L'enjeu stratégique de Damas, ce n'est pas la Palestine, il s'agit de remettre la main, d'une manière ou d'une autre, sur le Liban. Nous tentions ces derniers mois de faire sortir notre pays de l'engrenage syro-iranien. Aujourd'hui, nous sommes ramenés de force dans ce piège.
L'attitude du gouvernement est claire. Ce dernier ne peut assumer la responsabilité d'une action dans laquelle il n'avait pas été consulté » (...) Le Liban se retrouve « prisonnier entre l'agression d'Israël et les calculs non libanais » (...)

