Après Washington, Londres, Berlin et Paris ont confirmé hier la venue à Vienne de leur ministre des Affaires étrangères pour une réunion demain sur le nucléaire iranien, alors que les discussions-marathons avec Téhéran entament leur dernière ligne droite.
À l'invitation de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, les ministres John Kerry (USA), William Hague (G-B), Frank-Walter Steinmeier (Allemagne) et Laurent Fabius (France) veulent faire un point sur l'avancée des discussions censées prendre fin le 20 juillet, date d'arrivée à échéance de l'accord intérimaire conclu à Genève. Pour le secrétaire d'État John Kerry, qui arrivera dès aujourd'hui selon la représentation américaine à Vienne auprès des organisations internationales, il s'agira d'aplanir « les divergences importantes » qui subsistent dans les négociations entre les grandes puissances et l'Iran, a indiqué la porte-parole Marie Harf. John Kerry « évaluera le degré de volonté de l'Iran de faire des gestes crédibles et vérifiables qui pourraient accréditer ses déclarations publiques quant à la nature pacifique de son programme nucléaire », a-t-elle ajouté. M. Kerry s'entretiendra aussi avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif.
Si les pays occidentaux du 5+1 (États-Unis, Grande-Bretagne, France et Allemagne) envoient leur ministre, Moscou sera représenté par son ambassadeur à Vienne auprès des organisations internationales Vladimir Voronkov. Le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov accompagne le président russe Vladimir Poutine lors de sa visite en Amérique latine, a justifié le diplomate, cité par l'agence Itar-Tass. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois Qin Gang a déclaré de son côté que Pékin serait représenté, et ajouté ne pas avoir « d'information spécifique concernant le représentant chinois qui se rendra sur place ».
« Un signe positif »
« C'est un signe positif que les ministres des Affaires étrangères aillent à Vienne avant la date limite » du 20 juillet, estime Kelsey Davenport, analyste chez Arms Control Association. « Il est probable que leur présence pourra introduire du mouvement » sur les problèmes les plus importants comme la capacité d'enrichissement. « Un engagement direct dans les discussions va aussi permettre aux ministres (...) d'évaluer la faisabilité d'un accord avant le 20 juillet », a indiqué l'analyste, et de déterminer si une prolongation des discussions sera nécessaire ou non.
Car comme prévu, les discussions de ces derniers mois se sont avérées très ardues. En début de semaine, Laurent Fabius avait évoqué des divergences d'approche entre « une partie des 5+1 » et les Russes, soulignant qu'« aucune des questions principales n'était résolue ». Hier, le ministère français des Affaires étrangères a cependant affirmé que le groupe des 5+1 était « uni » dans ses efforts pour trouver un accord avec l'Iran et pour aboutir à un texte « crédible, complet et durable ».
(Source : AFP)

