« La cigale, ayant chanté tout l'été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue... » Remplaçons « bise » par sécheresse et « chanter » par gaspiller. Tout le reste n'est que prose.
Voilà les Libanais bien attrapés face à une crise sans issue, celle du manque d'eau. Une crise qui sévit depuis le début de l'été et promet de s'aggraver à mesure que la chaleur s'installe. Chose certaine, elle durera jusqu'à la fin octobre, dans le meilleur des cas... si et seulement si la pluie se décide à pointer le bout de son nez au début de l'automne prochain.
Déjà inéquitable, l'approvisionnement en eau courante est de plus en plus aléatoire, voire chaotique. Le rationnement, de plus en plus drastique. Il n'épargne que les privilégiés, triés sur le volet.
Une fois de plus, le citoyen ordinaire se voit dans l'obligation de mettre la main à la poche pour parer à ses besoins en eau. Car l'État, comme toujours, est aux abonnés absents. Il n'a pas prévu de plan B, pas plus qu'il n'a envisagé de stratégie nationale de gestion de crise. Il a même lamentablement échoué à élaborer ne serait-ce qu'un plan d'aménagement des ressources hydrauliques. Mais se contente de laisser son précieux liquide s'écouler dans la mer.
C'est à peine s'il commence aujourd'hui à envisager d'importer l'or bleu de Turquie, vu les risques d'assèchement des nappes phréatiques. Ou qu'il se penche sur la désalinisation de l'eau de mer... Comme si la chose pouvait se faire du jour au lendemain !
Quant à la mise en place d'une campagne de sensibilisation qui inviterait les citoyens à économiser le précieux liquide, elle n'est que vœu pieux. Ici ou là, de nombreux inconscients continuent de laver la route à grande eau, « pour rafraîchir l'atmosphère », disent-ils stupidement. Les autorités, elles, laissent faire...
Forcé d'avoir recours à la débrouille, le citoyen assiste, impuissant, à l'incessant ballet des citernes, nuit et jour. A-t-il d'autre choix que de subir, sans sourciller, la vertigineuse montée des prix ? Les 20 000 litres se monnaient désormais à plus d'une centaine de dollars. Mais pour les petits réservoirs, le litre est encore plus cher. Il varie en fonction du volume et du trajet.
Une nouvelle flambée des prix menace. Les dérives sont inévitables. La qualité laisse à désirer. L'eau est souvent boueuse. Normal, les listes d'attente s'allongent. Les délais de livraison sont de plus en plus élastiques. Même les compagnies de distribution d'eau potable se font prier et imposent à leur clientèle un sévère rationnement. Encore une fois, les autorités laissent faire...
Bel été en perspective ! D'autant qu'avec les réfugiés et les expatriés en vacances, la population du Liban avoisine aujourd'hui les 6 millions de personnes.
« Vous chantiez ? J'en suis fort aise. Eh bien ! Dansez maintenant ! » dirait La Fontaine.
Liban - Citoyen Grognon
Eh bien ! Dansez maintenant !
OLJ / Par Anne-Marie El-HAGE, le 12 juillet 2014 à 00h00


euh qui été le ministre charger de l'eau et de l'électricité? s'il est encore ministre faudrait le limoger lol !!
01 h 50, le 13 juillet 2014