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Économie

Un débat tendu entre la BRI et les banques centrales

Une nouvelle fois apparaît le caractère singulier de la situation présente. La vieille boussole monétaire (type règle de Taylor) est démodée. On cherche une boussole plus moderne, autrement dit un GPS. En plus d'indiquer le nord, il détaillerait chaque étape du parcours de normalisation, les changements de direction à ne pas rater, l'heure probable d'arrivée, les vitesses à ne pas dépasser, les obstacles à éviter, etc. Les banquiers centraux ont pu croire qu'ils avaient trouvé l'instrument idéal en intégrant à leur arsenal une « forward guidance » sur les taux, mais l'efficacité de cet outil est pour le moins discutable. Ce n'est évidemment pas un hasard si les deux principaux banquiers centraux, Janet Yellen et Mario Draghi, se sont empressés de dire qu'ils n'obéissaient qu'à une chose, leur mandat, et que ce mandat ne prévoit pas la prévention des bulles de crédit. C'est l'objet des normes prudentielles, non pas celui des changements de taux directeur.
Ce débat entre la BRI et ses actionnaires (les banques centrales) retient d'autant plus l'attention que l'économie américaine donne des signes diamétralement opposés. D'un côté, l'activité s'est fortement contractée au T1 2014. Or, si l'on avait su à la fin 2013 qu'il en irait ainsi, la surprise aurait été totale. Ni les marchés, ni la Banque centrale, ni les économistes n'avaient cette possibilité en tête. À l'époque, tout le monde était soulagé de la fin du shutdown et envisageait l'avenir immédiat avec confiance. Les investisseurs avaient donc débuté l'année en jouant l'accélération du cycle américain, la Fed en préparant la réduction de son programme d'achats d'actifs, les prévisionnistes en espérant retrouver enfin les caractères d'une reprise normale. Et pourtant... le PIB US s'est effondré d'environ 3 % l'an. Il faut prendre ce chiffre pour ce qu'il est, une anomalie, et prêter en revanche une grande attention aux indicateurs montrant une forte embellie du marché du travail, et un début de redressement de l'inflation et des salaires. Ces données-là risquent d'ici peu de mettre le discours actuel de la Fed en porte-à-faux avec la réalité économique.

Une nouvelle fois apparaît le caractère singulier de la situation présente. La vieille boussole monétaire (type règle de Taylor) est démodée. On cherche une boussole plus moderne, autrement dit un GPS. En plus d'indiquer le nord, il détaillerait chaque étape du parcours de normalisation, les changements de direction à ne pas rater, l'heure probable d'arrivée, les vitesses à ne pas dépasser, les obstacles à éviter, etc. Les banquiers centraux ont pu croire qu'ils avaient trouvé l'instrument idéal en intégrant à leur arsenal une « forward guidance » sur les taux, mais l'efficacité de cet outil est pour le moins discutable. Ce n'est évidemment pas un hasard si les deux principaux banquiers centraux, Janet Yellen et Mario Draghi, se sont empressés de dire qu'ils n'obéissaient qu'à une chose, leur mandat, et que ce...
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