Des soldats séparatistes prorusses rejoignant la zone de Donetsk avant le combat contre les forces loyalistes de Kiev.Maxim Zmeyev/Reuters
Les forces de Kiev ont déclenché hier une violente attaque contre les insurgés prorusses à l'ouest de Donetsk et se sont également positionnées au sud de cette ville, confirmant son encerclement.
L'armée et la garde nationale, appuyées par des blindés, ont entamé leurs opérations près du village de Karlivka, à 30 km à l'ouest de Donetsk, a annoncé le ministère de l'Intérieur. De son côté, le « ministre de la Défense » des séparatistes Igor Strelkov a assuré hier avoir assez de « réserves » en hommes et en matériel, affirmant que « plus de 1 000 volontaires » avaient rejoint les rangs séparatistes « ces derniers jours ». Le « Premier ministre » de la République populaire de Donetsk a lui aussi affiché sa détermination. « Nous défendrons le territoire contre l'occupation », a-t-il déclaré pendant cette conférence de presse. Il a par ailleurs évoqué la possibilité d'évacuer des « dizaines de milliers », voire des « centaines de milliers » d'habitants de Donetsk face à la progression des forces ukrainiennes. « D'après mes informations, plus de 70 000 habitants ont déjà quitté Donetsk et la situation va devenir de plus en plus difficile », a-t-il ajouté, évoquant une « catastrophe humanitaire. » Concernant leur destination, M. Borodaï a estimé que « la majorité voudrait sans doute aller en Russie » voisine. Concernant la Russie, dont le soutien aux séparatistes a semblé fléchir quelque peu ces derniers temps, M. Borodaï, qui ne fait pas mystère de sa nationalité russe et revenait de Moscou, a assuré avoir eu des discussions « constructives » dans la capitale russe, avec des interlocuteurs qu'il s'est refusé à nommer.
La répétition de tels actes aurait des « conséquences »
Par ailleurs, le ministère ukrainien de la Santé a publié hier son dernier bilan des victimes civiles depuis le début de « l'opération antiterroriste » il y a près de trois mois, soit 478 morts, dont trente femmes et sept enfants, et 1 392 blessés, dont 104 femmes et 14 enfants.
Sur le plan diplomatique, même si les échanges entre l'Ukraine, la Russie et les Occidentaux se poursuivent, aucun progrès immédiat n'est en vue en raison des conditions posées par Kiev, appuyé en des termes prudents par l'Occident, à un éventuel cessez-le-feu, que Moscou voudrait « inconditionnel ». Dans un entretien téléphonique à trois, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont demandé ensemble hier au président russe Vladimir Poutine de faire pression sur les séparatistes pour les « amener à négocier effectivement », a annoncé l'Élysée. De plus, Moscou a protesté hier auprès de Kiev après que l'un de ses postes-frontières avec l'Ukraine a été la cible de tirs des forces gouvernementales, et a averti que la répétition de tels actes aurait des « conséquences ».
Enfin, les Tatars de la Crimée ont accusé hier la Russie d'avoir choisi la politique de la « répression » à leur encontre après le rattachement en mars de cette péninsule ukrainienne. S'il a d'abord cherché à coopérer avec les Tatars, minorité musulmane qui représente 12 % de la population de la Crimée, « aujourd'hui, le Kremlin a choisi le scénario de la répression », a déclaré le chef historique des Tatars et ancien dissident soviétique, Moustafa Djemilev, au cours d'une conférence de presse à Kiev.
(Source : AFP)


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