Malgré ses multiples ennuis judiciaires, Nicolas Sarkozy, 59 ans, n’a pas abandonné l’ambition de revenir au premier plan. Lionel Bonaventure/AFP
La France assiste médusée au choc des ambitions et au grand déballage au sein de la droite qui rêve de revanche sur la gauche à la présidentielle de 2017, mais n'en finit pas de solder les comptes de la défaite de Nicolas Sarkozy.
Dernier épisode en date : l'onde de choc provoquée par un audit financier sur la dette abyssale – près de 75 millions d'euros – laissée dans les caisses de l'UMP (Union pour un mouvement populaire) par la campagne présidentielle calamiteuse de 2012 et la gestion du parti par son ancien président Jean-François Copé, poussé à la démission fin mai. Après les révélations sur les millions d'euros de la campagne de Nicolas Sarkozy indûment pris en charge par le parti – avec des soupçons de surfacturation –, l'heure est aux indiscrétions distillées dans les médias sur le train de vie dispendieux du « clan » Copé.
(Pour mémoire : L'avenir politique de Sarkozy plombé par les scandales)
Billets d'avion de l'épouse de M. Copé, salaires de collaborateurs personnels d'un proche de Nicolas Sarkozy, notes de téléphone de l'ancienne ministre Rachida Dati, chaque jour apporte son lot de « boules puantes » dénoncées lundi soir par cette dernière. Ce déballage a poussé M. Copé à sortir de son silence hier pour dénoncer sur sa page Facebook « vengeances », « rancœurs personnelles » et « règlements de comptes personnels qui rendent l'UMP inaudible ».
Les fidèles de M. Copé attribuent ces fuites au clan de l'ancien Premier ministre François Fillon, qui se positionne déjà en vue de la prochaine présidentielle. Mais le député Éric Ciotti, un proche de M. Fillon, a appelé hier Jean-François Copé à « un peu de décence ». « Si nous avons aujourd'hui cette situation épouvantable (...) je crois que Jean-François Copé porte une très lourde responsabilité », a-t-il réagi sur la chaîne de télévision France 2. Quant au député Bruno Le Maire, il s'est dit hier « stupéfait et inquiet de voir les déchirements » de sa famille politique.
Une première étape
L'UMP n'est pas en danger de mort imminente, mais elle devra réduire son train de vie et ses activités si elle veut survivre jusqu'à l'échéance de 2017, a averti mardi soir l'ancien ministre Alain Juppé, membre du triumvirat chargé de gérer les affaires courantes et d'organiser l'élection du prochain chef du parti à l'automne. Cette échéance est une première étape sur le chemin des primaires qui doivent désigner en 2016 le champion du parti pour la présidentielle, alors que les candidats potentiels sont légion : outre François Fillon, 60 ans, qui a déjà présenté son programme économique très libéral, Bruno Le Maire, 45 ans, Alain Juppé, 68 ans, sans oublier Nicolas Sarkozy, 59 ans, qui malgré ses multiples ennuis judiciaires n'a pas abandonné l'ambition de revenir au premier plan.
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