L’ancien Premier ministre au cours de l’iftar organisé par l’association caritative de la mosquée al-Bahr à Saïda. Photo Dalati et Nohra
« Les propositions politiques que certains ont exposées ces derniers jours, et qui consistent, pratiquement, à abandonner l'idée de l'élection d'un président de la République et se distraire en prônant l'élection d'un président au suffrage universel sur deux étapes, supposent, en définitive, un changement du système politique, pour la maturation duquel les Libanais ont payé un prix exorbitant, jusqu'à l'adoption de l'accord de Taëf », a déclaré hier l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, répondant ainsi, sans le nommer, à la proposition faite par le chef du bloc du Changement et de la Réforme, Michel Aoun, quelques jours plus tôt.
Et de poursuivre : « Toute modification improvisée ou hâtive du système politique ne ferait que compliquer la situation plutôt qu'apporter une solution. Les modifications proposées demandent de la patience, un examen approfondi et un dialogue, car elles doivent se fonder sur une conviction commune et non répondre à des ambitions individuelles. La sagesse nous commande, en ces circonstances, de travailler à sauver notre pays et à l'éloigner des dangers, plutôt que de l'exposer à des crises politiques et sécuritaires. »
M. Siniora s'exprimait lors d'un iftar qu'il parrainait à Saïda, organisé par l'association caritative de la mosquée al-Bahr. « Ce qu'il faut pour sauver le Liban, a-t-il ajouté, c'est de ne plus faire obstruction à l'élection d'un président de la République, et ce en assurant le quorum lors des sessions parlementaires consacrées à cet effet. »
L'ancien Premier ministre s'est longuement étendu sur les bouleversements régionaux et leur impact sur le Liban, considérant que les anciennes dictatures, par leur refus de donner libre cours à la volonté populaire de changement et de liberté, se sont engagées dans des combats féroces qui ont engendré des forces encore plus violentes et obscures qu'elles. « Il nous faut aujourd'hui revenir aux valeurs nationales réelles et essentielles comme l'attachement à la coexistence islamo-chrétienne qui est à l'origine du Liban, cette même coexistence à travers laquelle ont été développés notre pacte national et notre actuel système politique démocratique et parlementaire », a-t-il souligné.
Il s'est dit « encore plus attaché que par le passé à l'idée du 14 Mars », qui concrétise toutes ces valeurs, selon lui.
Revenant sur les dernières arrestations de terroristes au Liban, M. Siniora a estimé qu'il est « désormais clair aux Libanais que les forces de l'ordre officielles les protègent, alors que les milices et les groupes armés, quelle que soit leur appellation, les mettent en danger ». Dans ce cadre, il a fait assumer au Hezbollah la responsabilité d'avoir attiré les groupes terroristes au Liban. « Nous demandons au Hezbollah de se retirer du combat en Syrie et en Irak, de retourner au Liban et de mettre un terme à son implication dans les conflits régionaux », a-t-il affirmé.

