L'initiative du leader du Courant patriotique libre, le général Michel Aoun, continue d'être critiquée, notamment par les chrétiens du 14 Mars. Le chef du CPL, rappelle-t-on, a proposé lundi dernier d'élire le président de la République au suffrage universel à deux tours. Dans un premier temps, seul l'électorat chrétien serait appelé à participer au scrutin, les deux candidats maronites ayant obtenu le score le plus élevé devant être ensuite départagés au cours du second tour organisé à l'échelle nationale.
Le leader du Parti national libéral, le député Dory Chamoun, a qualifié l'auteur de cette initiative de « Daech maronite, qui se considère comme l'unique représentant de tous les chrétiens ». Il a critiqué en outre la tenue de la présidentielle à deux tours, puisque les résultats du second tour pourraient inverser les résultats du premier. Il faudrait donc, selon Dory Chamoun, éviter cette polémique. Appelant encore une fois le général Michel Aoun à se rendre à l'hémicycle, il a estimé que « son initiative est une perte de temps, provoquée par une partie des Libanais qui ne veut pas élire un président de la République. Cette partie souhaite gouverner le pays comme bon lui semble, et Michel Aoun ne fait qu'exécuter ce qu'on lui demande », a déclaré M. Chamoun.
Pour le député Marwan Hamadé, « l'initiative du chef du bloc du Changement et de la Réforme a servi à anéantir la dernière séance électorale, et peut-être bien aussi les suivantes ». « Si le général Michel Aoun accepte de se rendre avec le chef des Forces libanaises à l'hémicycle, un président sera élu, et cela préludera à une sortie de crise. » « Il faut tenir la présidentielle et les législatives. Tenter au contraire de renverser la table n'est pas utile », a ajouté M. Hamadé.
C'est dans ce sens d'ailleurs que le député membre du bloc du Futur, Hadi Hobeiche, a appelé à « ne pas perdre de vue la question prioritaire, qui est la présidentielle ».
Le député du même bloc, Ahmad Fatfat, a estimé, dans une interview à l'hebdomadaire Magazine à paraître aujourd'hui, que Michel Aoun « verse dans des bizarreries depuis qu'il s'est rendu compte qu'il ne sera pas élu président de la République ». « Il tente un coup d'État par le biais de propositions politiques », a-t-il ajouté, stigmatisant la loi électorale qu'il propose, « basée sur le confessionnalisme ». Selon lui enfin, le Hezbollah ne soutiendrait pas cette proposition « incompatible avec la vision du parti qui souhaite que le Liban fasse partie intégrante du nouvel empire perse ».
Commentant l'initiative sur le fond, le ministre d'État pour la Réforme administrative, Nabil de Freige, a estimé que la proposition de Michel Aoun « n'est pas dirigée uniquement contre le courant du Futur, mais aussi contre les alliés du CPL, à savoir Amal, le Hezbollah, Sleimane Frangié et Talal Arslane. Elle est contre le Liban ». « Alors que nous soutenons tous les courants modérés pour que le Liban reste l'État de la modération dans la région, Michel Aoun, lui, provoque des débats dans le seul but d'accéder à la présidence », a ajouté Nabil de Freige qui a estimé que « les négociations avec le courant aouniste ne doivent pas s'interrompre, malgré tout ce qu'ils peuvent dire sur le courant du Futur, puisque le but de ces négociations est notamment de garantir la sécurité du Liban ». L'initiative de Michel Aoun indiquerait en tout cas « qu'il se sent en position de faiblesse au niveau de ces négociations ».
De son côté, le Conseil supérieur chérié a mis en garde, à l'issue de sa réunion hebdomadaire, contre « les dangers de réclamer un amendement de Taëf ». « Tout amendement du texte constitutionnel ne peut se faire si les circonstances ne s'y prêtent pas, au risque de provoquer un schisme entre Libanais. »
D'ailleurs, le député du bloc du Développement et de la Libération, Yassine Jaber, a réitéré l'appel du président de la Chambre à élire un président de la République et à la tenue des législatives.
En revanche, reprenant l'argumentation du CPL, le député Simon Abi Ramia a déclaré que « les accords de Taëf ont saboté la parité, et c'est la démocratie qui impose de s'en remettre à la volonté populaire ».
Liban
L’initiative de Aoun ferait de lui « le Daech maronite »
OLJ / le 04 juillet 2014 à 00h00



Abi Ramia nous parle de démocratie......de volonté populaire..... mais monsieur le depute, si elle existait VRAIMENT cette démocratie et que le peuple avait VRAIMENT son mot a dire, vous et vos confreres de la place de l'Etoile auraient été balayes depuis longtemps.
09 h 08, le 04 juillet 2014