L’EI a paradé hier à Raqqa avec des mitrailleuses lourdes, des chars, des véhicules blindés et des canons. Photo Reuters
Dans un contexte régional sécuritaire plus que précaire, les violences en Syrie se poursuivent inlassablement. Ainsi, un attentat-suicide a fait hier 35 morts parmi les forces du régime dans la province de Hama, selon la chaîne al-Arabiya. Ces informations n'ont toutefois pas été confirmées par d'autres sources.
Un peu plus tôt, des obus ont été tirés par les rebelles sur la ville d'Idleb, dans le nord-ouest syrien, au lendemain de la mort de 27 personnes dans des raids de l'armée sur cette province. « 14 personnes ont été tuées et plus de 40 blessées par des tirs d'obus tirés par des terroristes (rebelles) sur Idleb », a indiqué la télévision officielle syrienne. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) donne, lui, un bilan de 15 morts, dont des enfants.
Ailleurs dans le pays, l'Observatoire a fait état de combats violents à Boukamal, à la frontière irakienne, entre jihadistes de l'État islamique (EI) et rebelles alliés du Front al-Nosra (branche syrienne d'el-Qaëda), au lendemain de la proclamation par l'EI d'un califat, que la rebéllion syrienne a qualifié hier dans un communiqué de « nulle et non avenue ». L'EI était connu précédemment sous le nom de Daech (État islamique en Irak et au Levant – EIIL). Et dans la province pétrolière de Deir ez-Zor, l'armée de l'air a visé une position de l'EI dans la ville de Bouseira, ajoute l'OSDH.
Dans le nord, des jihadistes de l'EI ont bouclé Raqqa, y faisant entrer de nouvelles armes dont des missiles venant de l'Irak voisin, ont indiqué des militants à l'intérieur de la ville. « Toutes les routes menant à la ville de Raqqa ont été fermées. Personne ne peut entrer ni sortir de Raqqa maintenant », a déclaré un militant sous couvert d'anonymat. « Ils ont aussi amené des missiles sol-sol », a-t-il ajouté. Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a confirmé cette information : « l'État islamique amène des armes lourdes à Raqqa tous les jours. Le groupe a tous les attributs d'un État à l'exception de l'aviation. » Un autre militant à Raqqa, Abou Ibrahim, a publié sur sa page Facebook plusieurs photos montrant des missiles et indiqué que le groupe paradait dans la ville avec des mitrailleuses lourdes, des chars, des véhicules blindés et des canons. Et hier, au deuxième jour du mois du ramadan, le groupe a « arrêté trois jeunes hommes, les accusant de ne pas avoir observé le jeûne », a indiqué l'OSDH.
L'EI vend du pétrole à Assad ?
Toujours concernant l'EI, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a déclaré hier que les jihadistes ont vendu du pétrole venant de zones prises en Irak au président syrien Bachar el-Assad, preuve du caractère « confus » du conflit qui s'étend au Moyen-Orient. « Officiellement ils se combattent, mais en fait ils se soutiennent mutuellement très souvent », a-t-il ajouté.
Enfin, le gouvernement syrien a signé hier avec la compagnie russe Stroytransgaz (STG) un contrat de plus de 190 millions d'euros qui permettra l'irrigation de la province de Hassaka, selon l'agence officielle Sana. Le projet, envisagé avant le début de la guerre civile en 2011, prévoit d'irriguer quelque 214 000 hectares dans cette région du nord-est de la Syrie, considérée autrefois comme le grenier à blé du pays, mais en proie à la sécheresse ces dernières années.
(Sources : agences
et rédaction)

