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Moyen Orient et Monde - Ukraine

Moscou sous grosse pression avant l’expiration du cessez-le-feu

Les Occidentaux haussent le ton ; Poutine insiste sur « la nécessité de prolonger la trêve » ; Porochenko prêt à faire la paix « avant tout le monde ».

Au Conseil de l'Europe à Strasbourg, le président ukrainien Petro Porochenko a exhorté la Russie à « jouer le jeu », à savoir « rappeler les mercenaires qui traversent la frontière russe ». Patrick Hertzog / AFP

Les Occidentaux accentuaient hier encore leur pression sur la Russie, sommée par Washington d'œuvrer à l'apaisement de la situation dans l'est de l'Ukraine, à la veille de l'expiration d'un fragile cessez-le-feu, mais aussi de la signature d'un accord commercial crucial entre Kiev et l'Union européenne.
Les Occidentaux ont ainsi haussé le ton : « Il est crucial que la Russie montre dans les prochaines heures qu'elle travaille au désarmement des séparatistes, qu'elle les encourage à désarmer, qu'elle les appelle à déposer les armes et à participer à un processus légitime », a déclaré le secrétaire américain John Kerry à l'issue d'un entretien à Paris avec son homologue français Laurent Fabius.
Au Conseil de l'Europe à Strasbourg, le président ukrainien Petro Porochenko a exhorté la Russie à « jouer le jeu », à savoir « rappeler les mercenaires qui traversent la frontière russe ». Il a par ailleurs déclaré avoir été informé du feu vert des rebelles à une nouvelle réunion du « groupe de contact » aujourd'hui. Il a toutefois exclu de prolonger unilatéralement le cessez-le-feu gouvernemental précisant qu'il prendrait fin aujourd'hui à 19h GMT. « Ce sera un jour très important : si les conditions de notre plan de paix ne sont pas acceptées, nous prendrons une décision lourde de conséquences », a déclaré Petro Porochenko, cité par le journal en ligne Ukrainska Pravda. Il s'est dit néanmoins « prêt à faire la paix avec tout le monde », en réponse à une question sur la possibilité d'un accord de paix avec l'homme fort du Kremlin, au cours d'un entretien diffusé hier soir sur la chaîne de télévision américaine CNN. « Je déteste l'idée de ne pas saisir la moindre occasion pour rétablir la paix dans la région », a-t-il ajouté.
Le ministère russe des Affaires étrangères a, quant à lui, dénoncé « des tentatives simplistes » de lui imputer « l'entière responsabilité » de la situation et a montré du doigt des commentaires de l'Otan sur l'absence de résultats concrets émanant de Moscou, stigmatisant des « stéréotypes issus de la guerre froide ».
Dans un entretien téléphonique hier, le président russe Vladimir Poutine a de son côté insisté auprès de la chancelière allemande Angela Merkel sur « la nécessité de prolonger la trêve ». Une prorogation incertaine, vu les « violations massives » du cessez-le-feu que l'armée ukrainienne a affirmé avoir constaté.

« La tension va monter »
Car pendant ce temps, et malgré le cessez-le-feu décrété vendredi par Kiev, des combats (plus de 400 morts depuis avril) se poursuivaient ces derniers jours dans le bassin industriel russophone du Donbass.
Des insurgés séparatistes prorusses ont attaqué hier soir une caserne d'une unité militaire responsable du convoi de prisonniers, située en plein centre de Donetsk, fief rebelle dans l'est de l'Ukraine, a constaté un journaliste de l'AFP. Au moins 200 insurgés armés ont lancé un ultimatum aux troupes de cette unité de la garde nationale ukrainienne pour qu'ils se rendent et déposent les armes ; face à leur refus, ils ont commencé à tirer. Un blindé séparatiste avec un drapeau russe était placé devant la caserne.
Pour tenter d'apaiser la situation sur le terrain, le président ukrainien doit présenter au Parlement une réforme accordant plus de pouvoirs aux régions : élection des gouverneurs par les élus locaux (et non nomination par Kiev) et usage élargi de la langue russe dans l'enseignement et les entreprises. Mais cette décentralisation ne va pas jusqu'à la mise en place de la structure fédérale demandée par la Russie, un moyen, selon certains observateurs, de conserver son influence sur l'Est russophone en dépit du rapprochement avec l'UE.
L'accord commercial que doit signer Kiev avec Bruxelles vise en particulier à supprimer l'essentiel des barrières douanières entre l'Ukraine et les pays de l'UE. La signature du document était initialement prévue pour novembre dernier, avant la volte-face de Viktor Ianoukovitch, qui a préféré se tourner vers la Russie pour obtenir une aide économique. Des négociations sont prévues pour le 11 juillet entre l'UE, Moscou et Kiev au niveau ministériel, concernant les conditions de l'application de l'accord.
« La tension va monter » avec la signature de cet accord, ont estimé les analystes du centre spécialisé dans les relations internationales Eurasia Group. « Pour la Russie, il est impératif de maintenir des liens privilégiés commerciaux et économiques avec l'est de l'Ukraine et d'empêcher Kiev, qui entretient largement un régime de libre-échange avec la Russie, de devenir un point d'entrée pour les produits européens sur le marché russe », ont-ils ajouté. Ces experts ont jugé « probable » l'adoption de sanctions économiques d'ici à la fin de l'année car « la diplomatie patine et la violence continue dans l'Est ».
(Sources : agences)

Les Occidentaux accentuaient hier encore leur pression sur la Russie, sommée par Washington d'œuvrer à l'apaisement de la situation dans l'est de l'Ukraine, à la veille de l'expiration d'un fragile cessez-le-feu, mais aussi de la signature d'un accord commercial crucial entre Kiev et l'Union européenne.Les Occidentaux ont ainsi haussé le ton : « Il est crucial que la Russie montre dans les prochaines heures qu'elle travaille au désarmement des séparatistes, qu'elle les encourage à désarmer, qu'elle les appelle à déposer les armes et à participer à un processus légitime », a déclaré le secrétaire américain John Kerry à l'issue d'un entretien à Paris avec son homologue français Laurent Fabius.Au Conseil de l'Europe à Strasbourg, le président ukrainien Petro Porochenko a exhorté la Russie à « jouer le...
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