À quelques kilomètres de Slaviansk, les restes de l’hélicoptère abattu reposaient hier dans un champ. « Des blindés ukrainiens sont arrivés très rapidement pour récupérer les corps. Ils ont probablement miné les abords de l’hélicoptère avant de partir », a indiqué un habitant, Léonid. John MacDougall / AFP
Les dirigeants européens ont accru hier leur pression sur la Russie pour sauver un cessez-le-feu crucial et parvenir à un plan de paix dans l'est de l'Ukraine.
Le président français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont ainsi appelé hier le président ukrainien Petro Porochenko et Vladimir Poutine à « travailler ensemble » pour faire cesser les combats entre les insurgés prorusses et l'armée, selon Paris. Cet entretien téléphonique à quatre se poursuivra aujourd'hui, a annoncé Kiev.
Enfonçant le clou, le secrétaire d'État américain John Kerry a appelé la Russie à des « actes concrets », notamment à exiger des séparatistes qu'ils déposent les armes, pour mettre fin à la crise qui menace l'unité de cette ancienne république soviétique aujourd'hui résolument tournée vers l'Europe.
Petro Porochenko, qui avait brandi la menace d'une levée du cessez-le-feu après la mort de neuf soldats dans la destruction d'un hélicoptère Mi-8, a décidé de maintenir cette mesure, avait indiqué auparavant à Bruxelles le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine. « Nous sommes déterminés à faire le maximum afin de parvenir à la désescalade », a-t-il assuré, après une réunion avec ses homologues des pays de l'Otan.
Entérinée par le Parlement
Côté russe, annoncée la veille par Vladimir Poutine dans un geste fort soulignant son engagement en faveur de l'apaisement, la levée de l'autorisation d'intervenir militairement en Ukraine a été entérinée hier par le Parlement. Par ailleurs, le président russe, qui a multiplié les messages contradictoires au cours de la semaine en entamant notamment de nouvelles manœuvres militaires dans le centre de la Russie, a réitéré hier sa volonté de voir le cessez-le-feu prolongé au-delà de demain. Cette nécessité a été évoquée par les chefs de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et allemand Frank-Walter Steinmeier, selon le ministère russe des Affaires étrangères.
Mais les Occidentaux exigent davantage pour une désescalade. Au cœur du sujet : les violations « massives » du cessez-le-feu provisoire, dénoncées hier par l'armée ukrainienne qui a dénombré plus de 40 attaques de séparatistes depuis lundi dans l'Est. Dans ce contexte, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a affirmé hier ne « pas voir de changement » dans l'attitude de la Russie et annoncé que l'Alliance maintenait la suspension de sa coopération avec Moscou, décidée en avril à la suite du rattachement de la Crimée.
Le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron sont convenus pour leur part au cours d'un entretien téléphonique que « dans le cas où Moscou ne prendrait pas de mesures immédiates destinées à apaiser la situation dans l'est de l'Ukraine, les États-Unis et l'Union européenne » imposeraient de nouvelles sanctions à la Russie.
Le cessez-le-feu décrété par Kiev à l'armée est en vigueur depuis vendredi et un chef rebelle a donné son accord lundi pour que les insurgés, qui ont revendiqué l'indépendance de deux régions, observent également une trêve pour déboucher sur des négociations de paix. Ce chef rebelle, Alexandre Borodaï, à la tête de la république séparatiste unilatéralement proclamée de Donetsk, a déploré l'absence de résultats : « Nous voulons la paix. Mais jusqu'à présent, toutes les consultations ont été inutiles », a-t-il dit après une réunion à Donetsk à laquelle participaient notamment des représentants de Kiev.
Et en effet, sur le terrain, la violation du cessez-le-feu est flagrante. À Slaviansk, les tirs d'artillerie ont commencé à 03h00 GMT, a constaté un journaliste de l'AFP. Les détonations, presque incessantes, semblaient provenir tant du côté ukrainien que du côté rebelle.
(Source : AFP)


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