Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a dit hier refuser de « s'ingérer » dans les affaires de la justice, au lendemain de la condamnation de trois reporters d'al-Jazira à des peines de prison. L'Australien Peter Greste, l'Égypto-Canadien Mohammad Fadel Fahmy et l'Égyptien Baher Mohammad, détenus depuis cinq mois, ont été condamnés à 7 et à 10 ans de prison pour soutien aux Frères musulmans. En outre, deux reporters britanniques de la chaîne qatarie et une journaliste néerlandaise, jugés par contumace, ont écopé de 10 ans.
Les 20 accusés dans cette affaire peuvent désormais se pourvoir en cassation et, une fois tous les recours épuisés, demander une grâce présidentielle. Si les États-Unis et l'Australie ont déjà appelé M. Sissi à la leur accorder, un responsable à la présidence égyptienne a affirmé qu'elle ne pourrait intervenir avant un verdict en appel. Hier, M. Sissi n'a pas évoqué cette disposition mais a prévenu : « Nous ne nous ingérerons pas dans les affaires judiciaires », « même si d'autres ne les comprennent pas ».
L'Australie, « consternée » par cette affaire « politique », a exigé une grâce de Peter Greste. La Haye, Londres et Paris ont convoqué les ambassadeurs d'Égypte. La représentante de l'Onu pour les Droits de l'homme, Navi Pillay, s'est dit « choquée et très alarmée ». Amnesty International a évoqué « un jour noir pour la liberté de la presse » et Human Rights Watch a dénoncé des « juges pris dans l'hystérie anti-Frères musulmans encouragée par Sissi ».
Dans ce contexte, 494 partisans du président islamiste destitué Mohammad Morsi vont être jugés pour des violences meurtrières au Caire dans un nouveau procès de masse, un procédé déjà décrié par la communauté internationale. Les accusés devront répondre à partir du 16 juillet de heurts survenus devant une mosquée du centre du Caire où des pro-Morsi s'étaient retranchés après la dispersion dans un bain de sang de manifestants islamistes dans la capitale égyptienne le 14 août qui a fait plus de 700 morts.
(Source : AFP)


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