Samir Geagea : Non à des élections législatives avant l’élection d’un président. Photo Aldo Ayoub
Comme il a pris l'habitude de le faire depuis avril dernier à chaque séance parlementaire consacrée à l'élection du président de la République, le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, a suivi de près hier, à Meerab, l'arrivée des députés au siège de la Chambre.
À l'annonce du report de la réunion, faute de quorum, M. Geagea a tenu à son bureau une conférence de presse au cours de laquelle il a dénoncé, une fois de plus, l'attitude des blocs parlementaires du 8 Mars, notamment ceux du Hezbollah et du courant aouniste, qui boycottent systématiquement les séances consacrées à l'élection du président de la République. « La vacance à la présidence ne représente pas uniquement un vide au niveau de l'État, mais elle constitue aussi une atteinte au pacte (national), a notamment déclaré le leader des FL. Qu'attendent donc les blocs (parlementaires) qui boycottent (les séances pour l'élection du président), notamment le bloc de la Fidélité à la Résistance (Hezbollah) et celui du Changement et de la Réforme ? »
M. Geagea a invité sur ce plan le chef du CPL, le général Michel Aoun, à « prendre une décision (concernant sa candidature) car il n'est pas concevable de continuer à bloquer le scrutin présidentiel, du fait des risques que cela entraîne pour le pays ». En réponse à une question, à ce sujet, sur ce qui devrait être entrepris afin de préserver le Liban des retombées de la crise irakienne, le leader des FL a déclaré : « La première chose qu'il faudrait faire pour protéger le Liban des secousses régionales est d'élire un président de la République. Tout l'édifice (de l'État) est paralysé tant qu'il n'y a pas de chef à la tête de l'État. »
Dénonçant l'attitude du général Aoun qui, par son boycott des séances parlementaires, porte préjudice au rôle du président de la République, le leader des FL a déclaré : « Je ne suis pas certain de remporter la victoire lors du scrutin présidentiel, mais malgré cela, je n'ai pas joué la carte du boycott, contrairement à d'autres qui refusent de participer aux séances parlementaires s'ils ne garantissent pas leur victoire. » (allusion au général Aoun). Dans ce cadre, M. Geagea a réaffirmé une nouvelle fois qu'il est disposé à retirer sa candidature à la présidence « si d'autres options sont envisagées et si des candidats sont proposés de manière à satisfaire un minimum de nos convictions ». « En tout état de cause, a-t-il poursuivi, il est nécessaire d'élire un président aujourd'hui avant demain afin de protéger le Liban de ce qui se passe dans la région. »
Interrogé sur la position du patriarcat maronite concernant le blocage du scrutin présidentiel, le leader des FL a déclaré : « Le premier à verser des larmes de sang à ce propos est le patriarche Béchara Raï. Que Dieu vienne en aide à Bkerké. Mais nous ne pouvons pas faire assumer au patriarcat (maronite) plus que ce qu'il peut supporter. En définitive, la responsabilité incombe aux députés et aux blocs parlementaires. » M. Geagea a rejeté dans ce cadre la proposition, avancée par le Hezbollah et le général Aoun, d'organiser des élections législatives avant l'élection présidentielle.
Daech et la crise irakienne
Sur un tout autre plan, en réponse à une question sur les développements en cours sur la scène irakienne, M. Geagea a déclaré : « Il est erroné de penser que Daech gagne du terrain en Irak. Cette organisation ne représente, au maximum, que 20 pour cent de l'ensemble des forces agissantes en Irak. Nous nous trouvons face à une révolution au centre de l'Irak qui implique les tribus, les villes et les villages. Daech ne dispose pas d'autant de forces ».
Le leader des FL a réfuté à ce propos la thèse selon laquelle l'organisation Daech se serait implantée au Liban si le Hezbollah ne s'était pas impliqué dans les combats en Syrie aux côtés du régime syrien. M. Geagea a souligné à cet égard que du fait de la nature même du système libanais, l'organisation Daech ne saurait s'imposer dans le pays.


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