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Moyen Orient et Monde - Attentats

Premières arrestations au Kenya sur fond de tensions politiques

Les raids nocturnes perpétrés dimanche et lundi à Mpeketoni, localité proche de l'archipel touristique de Lamu, et dans un village voisin ont créé un choc. Joseph Okanga/Reuters

La police kényane a annoncé hier l'arrestation de plusieurs suspects après le double raid sanglant qui a horrifié le Kenya. Le chef de la police David Kimaiyo a cité notamment « le propriétaire et conducteur de l'un des véhicules utilisés par les assaillants », de présumés « responsables » des violences et un homme soupçonné d'intervenir sur les réseaux sociaux via de faux comptes shebab.
Les raids nocturnes perpétrés dimanche et lundi à Mpeketoni, localité proche de l'archipel touristique de Lamu, et dans un village voisin ont créé un choc. Avec un bilan d'une soixantaine de morts, il s'agit de l'attaque la plus grave depuis l'assaut par un commando shebab du centre commercial Westgate à Nairobi. Bien que les islamistes somaliens, liés à el-Qaëda, aient une nouvelle fois assumé hier sans détour les dernières attaques, le président kényan Uhuru Kenyatta a nié leur implication et accusé des « réseaux politiques locaux » liés à « des gangs criminels ».
Ces accusations ont été accueillies avec scepticisme et le fait que le chef de l'État ait qualifié les attaques de « violences ethniques aux motivations politiques » a réveillé les pires craintes. Le pays s'oriente « vers une situation politique dangereuse qui pourrait facilement déboucher sur des violences si elle n'est pas bien gérée », a alerté le quotidien Daily Nation.
Les déclarations du président Kenyatta ont créé une surprise d'autant plus grande que des survivants des derniers attentats ont raconté que les assaillants se revendiquaient shebab, brandissaient leur drapeau noir, parlaient somali et exécutaient exclusivement des hommes de confession chrétienne.

Les événements de 2007
Même si le président Kenyatta s'est gardé de désigner nommément qui que ce soit, pour les observateurs il visait son grand rival, le chef de l'opposition Raila Odinga, qu'il avait battu à la présidentielle de 2013. Ce dernier a rejeté les accusations de son adversaire et a affirmé hier que pour son parti « la violence n'est pas un moyen pour atteindre des objectifs politiques légitimes ».
Sur le front politique intérieur, la tension ne semble pas non plus près de baisser : le chef de l'opposition a annoncé hier que son programme de manifestations contre le gouvernement était inchangé. Un grand rassemblement est fixé au 7 juillet. Or, partisans du pouvoir et de l'opposition sont déjà à couteaux tirés, notamment sur les réseaux sociaux, alors que fidélités politiques et appartenances ethniques sont étroitement liées. La situation est d'autant plus délicate que les Kényans gardent en mémoire les suites de la présidentielle de 2007.
Flairant le danger, les chefs religieux musulmans donnent de la voix. La situation actuelle réunit les ingrédients pour « des violences religieuses et ethniques qui pourraient être une répétition des tragiques événements de 2007 », un scrutin qui avait débouché sur des violences interethniques qui avaient fait plus de 1 200 morts, a averti cheikh Mohammad Khalifa, du Conseil des imams et prédicateurs.
(Source : AFP)

La police kényane a annoncé hier l'arrestation de plusieurs suspects après le double raid sanglant qui a horrifié le Kenya. Le chef de la police David Kimaiyo a cité notamment « le propriétaire et conducteur de l'un des véhicules utilisés par les assaillants », de présumés « responsables » des violences et un homme soupçonné d'intervenir sur les réseaux sociaux via de faux comptes shebab.Les raids nocturnes perpétrés dimanche et lundi à Mpeketoni, localité proche de l'archipel touristique de Lamu, et dans un village voisin ont créé un choc. Avec un bilan d'une soixantaine de morts, il s'agit de l'attaque la plus grave depuis l'assaut par un commando shebab du centre commercial Westgate à Nairobi. Bien que les islamistes somaliens, liés à el-Qaëda, aient une nouvelle fois assumé hier sans détour les...
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