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Coupe du Monde - Articles

Allemagne-Portugal : Müller plus fort que Ronaldo

Mondial 2014 - Groupe G

« Kolossal ! » L'Allemagne a écrasé le Portugal (4-0) et Müller, avec un triplé, écœuré Cristiano Ronaldo, dans le dernier grand choc du premier tour du Mondial 2014, lundi à Salvador.

OLJ/AFP
17/06/2014

Il n'y a que deux rangs au classement FIFA entre l'Allemagne (2e) et le Portugal (4e). Sur le terrain, c'était plusieurs classes, quatre buts et désormais trois points d'écart dans le groupe G, qui placent les Allemands sur orbite pour la première place.
La Selecçao, elle, devra dorénavant batailler pour éviter que la qualification promise par les pronostics ne lui échappe au profit d'un outsider, le Ghana ou les États-Unis...
La capitale de l'État de Bahia (nord-est du Brésil) aime donc les coups d'éclat. Après le 5-1 des Pays-Bas infligé aux champions du monde espagnols vendredi dernier, voici l'équipe du Ballon d'or 2013 allègrement piétinée !
Pas par n'importe quelle équipe, c'est vrai : la Nationalmannschaft, un des grands prétendants au titre, juste derrière le Brésil, renforce ce statut par une démonstration de discipline et surtout d'efficacité.

 

 

Thomas version Gerd
Et pas par n'importe qui : Müller était déjà le meilleur buteur du Mondial 2010 (5 réalisations) et s'empare de la tête du classement de l'édition 2014. Il l'a jouée comme Gerd le « Bomber », son illustre homonyme, en inscrivant un penalty (12e) et surtout deux buts de renard des surfaces (45e+1, 78e). Et c'est lui qui a reçu le coup de tête de Pepe, exclu dès la 36e minute...


Bref, c'était Thomas le Bavarois, la star. Et Cristiano le Madrilène, la star déchue. Le capitaine lusitanien n'a pu vaincre le signe germain. Cela pose question pour un tel champion ; combien de fois a-t-il perdu contre l'Allemagne ? Quatre à la suite : au Mondial 2006 (3-1 en match pour la 3e place), à l'Euro 2008 (3-2 en quart de finale), à l'Euro 2012 (1-0 au 1er tour) et donc dans le Mondial du pays du « futebol ».
CR7, qui compte faire « une très grande Coupe du monde », est passé totalement à côté de son entrée en lice, avec trois occasions seulement à se mettre sous la dent, une frappe lointaine et trop enlevée (6e), une autre sur Neuer en angle fermé (8e) et un coup franc repoussé par le gardien en fin de match (90e). Très peu d'occasions, donc, et aucune influence sur le jeu, aucun rayonnement.
« J'espérais être à 110 %, mais je suis à 100 % et c'est assez pour aider mon équipe », avait-il avancé la veille en conférence de presse. Il était en tout cas manifestement en manque de rythme, lui qui n'était réapparu sur un terrain, depuis la finale victorieuse de Ligue des champions le 24 mai, qu'une heure en match de préparation.
Dès les premières minutes les Allemands mettaient une grosse pression et prenaient les commandes du jeu. Quelques minutes, pensait-on... et finalement tout un match : le ton était donné, face à des Portugais complètement hors sujet et malchanceux (blessures musculaires de Hugo Almeida et Coentrao).

 

Victoire tactique
La Selecçao a rarement produit aussi peu de jeu et n'a pu tenter que des frappes lointaines, isolées, rarement cadrées. Cette impuissance s'est traduite par sa propension à faire des fautes pour tenter d'enrayer la machine allemande.
D'où le penalty, lorsque Pereira a empêché Götze de se retourner au bout d'une combinaison rapide, puis un carton rouge pour Pepe, traduisant des nerfs à fleur de peau. Et c'est Hummels qui y allait aussi de son but, d'un coup de tête, légal celui-là, sur corner (32e).
Impuissants, les milieux Meireles, Moutinho et Veloso ont été totalement phagocytés par le système adverse.

C'est une victoire tactique de l'Allemagne, qui jouait l'attaque en 4-3-3 pour se replier en 4-1-4-1 en phase défensive, avec les ailiers venant colmater la ligne du milieu et Lahm reculant en sentinelle. Le Portugal ne s'en est jamais dépêtré.
L'idée de Joachim Löw de jouer avec un « faux neuf », au détriment du vétéran Klose (36 ans), a ainsi parfaitement fonctionné en la personne d'un Müller opportuniste, qui n'hésitait pas à permuter avec les deux autres éléments offensifs, Götze et Özil.
Le premier a obtenu le penalty et le second a fait quelques ouvertures, mais aussi perdu un duel avec Rui Patricio (51e). Bilan mitigé pour les deux joueurs, qui n'ont pas sécurisé leur place de titulaire et pourraient être menacés par Podolski et Schürrle, entrés en seconde période.
Mais ces détails importent peu au vu du score...

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