Nous vivons une période d'élections «démocratiques» dans les pays arabes. L'Algérie élit une chaise roulante. L'Égypte élit l'armée. L'Irak élira une communauté religieuse. Il reste les «démocraties» libanaise et syrienne. La Syrie a un président pour l'éternité...et au-delà ! Quid du Liban?
En Syrie, le score fut serré. Parce que les candidats n'étaient pas seulement «nombreux», mais également très connus (cinq baassistes fidèles au clan Assad et arborant tous des slogans similaires à celui du candidat Maher al-Hajjar qui sollicitait son élection à la «présidence de la Syrie d'Assad»!).
Bachar el-Assad a été élu à la mort de son père Hafez el-Assad, le 13 juin 2000. Quelques heures après le décès de celui-ci, ce que l'on appelle «l'Assemblée du peuple» s'est réunie et a amendé la Constitution pour abaisser l'âge du candidat à la présidence de la République à 34 ans (au lieu des 40 ans prévus dans ce texte) parce que le fiston n'avait pas dépassé l'âge de 34 ans. La seule personne qui s'y était alors opposée fut le député Mounzer Moussalli qui considérait que cet amendement était contraire à la Constitution parce que non motivé. Le président de l'Assemblée du peuple, Abdelkader Kaddoura, l'avait rabroué en lui disant qu'il s'agissait d'une simple inadvertance lors de sa rédaction. Il l'avait ensuite menacé de mesures disciplinaires au cas où il insisterait davantage. Cent quatre-vingts députés prirent la parole au cours de cette réunion, pour prêter allégeance au président candidat. Après son élection, le jeune président de 34 ans insista, lors de sa première apparition solennelle, sur la nécessité de respecter l'opinion publique. Il promit de légaliser le mouvement d'opposition réclamant plus de démocratie et de respect des droits de l'homme. Il libéra un grand nombre de juristes versés dans la politique, et certains intellectuels furent convaincus de la survenance de ce qu'ils appelèrent le «printemps de Damas». Des forums de discussion furent ouverts dans des maisons à Damas et dans plusieurs villes syriennes, et plusieurs personnalités indépendantes se mirent à parler librement et à réclamer la levée de l'état d'urgence. On dénonça la corruption et le monopole du pouvoir par les sbires du régime et leurs fils, et un «Groupe de 99 intellectuels» apparut, qui regroupait des grands de la littérature et de la science résidant à l'étranger.
Le régime de Bachar el-Assad réagit en arrêtant, un an à peine après les élections, au mois de juillet 2001, des dizaines de quêteurs de démocratie, dont les députés Riad Seif et Riad Turk. Tous ceux qui avaient exercé leur droit à une certaine forme de liberté furent condamnés à une peine de prison de dix ans.
Des élections «libres» ont lieu à présent qui opposaient un certain nombre de candidats. Assad était l'un d'eux et ils brandissaient tous le même slogan, celui qui dit: «Nous sommes tous avec la Syrie d'Assad.» Telle est la compétition démocratique dans ce pays où le régime ne contrôle que le tiers du territoire et où la moitié des habitants a fui vers l'intérieur ou l'extérieur. Sont morts jusqu'à présent, dans cette révolte contre leur président «démocratique», 150000 personnes, selon les statistiques officielles, et le double selon le décompte réel. Il n'y a plus pierre sur pierre, mais il y a eu quand même une élection présidentielle et il y a désormais Assad pour l'éternité et au-delà...
L'élection présidentielle libanaise ressemble fort au spectacle offert par un
zoo!
Michel Aoun a commencé par être un de Gaulle pour
finir par être un Pétain.
Samir Geagea a commencé par être un chef de milice et a fini par être un Raymond Eddé.
Jean Obeid a commencé par être un baassiste et a fini par être un Libanais pur jus.
Michel Eddé a commencé par être un avocat et un ministre brillant. Il a ensuite fait figure de personnalité consensuelle à toutes les étapes de sa vie politique.
Boutros Harb a commencé par hériter du leadership de Batroun pour finir par avoir une stature nationale et être la cible d'un attentat pour avoir donné de sa personne dans la défense de sa patrie.
Dans la bataille ouverte entre Gibran Khalil Gibran et la politique et les politiciens libanais, il ne reste à Gibran que deux choix: celui de devenir un animal domestique dans une ferme collective, qui mange, boit et se reproduit, ou celui de contrevenir au règlement de la ferme et perdre son argent, son confort et peut-être sa vie, mais gagner sa patrie.
Élisons un Gibran Khalil Gibran au moins une fois puisqu'il s'agit de la seule fois où cette possibilité nous est offerte!
Abdel Hamid El-AHDAB
Avocat


Où LE TROUVER CHER MONSIEUR ? NOUS SOMMES DANS L'ÈRE DE L'ABRUTISSEMENT INNÉ MONDIALEMENT... CHEZ NOUS LE FLÉAU FRAPPE TOUT ET TOUS : RIEZ ! OU PLUTÔT : PLEUREZ !!!
18 h 21, le 17 juin 2014