Les enfants arrosent le cèdre qu’ils viennent de planter à Colombey-les-Deux-Églises, où le général de Gaulle avait acquis une propriété.
Grâce à la belle initiative de Christine Cortado, professeur au Collège protestant de Beyrouth, un groupe de 27 élèves libanais de CM2 (classe de 7e) vient d'achever un séjour mémorable en France, plus précisément à Chaumont, en Haute-Marne. Le point d'orgue de ce séjour français fut leur visite à Colombey-les-Deux-Églises, village rendu célèbre par le général de Gaulle qui y avait acquis une propriété, La Boisserie, et où il est décédé en 1970, après s'être définitivement retiré de la politique.
Un programme spécial avait été organisé par la responsable du service éducatif du Mémorial Charles de Gaulle, Céline Anché, et la chargée des affaires culturelles de l'ambassade du Liban en France, Carole Dagher. Après la visite du Mémorial Charles de Gaulle en matinée, une cérémonie mémorielle s'est tenue au sommet de la colline où se dresse la croix de Lorraine, en présence des autorités officielles de Haute-Marne et des représentants de l'ambassade du Liban, Ghady el-Khoury, chargé d'affaires a.i., Magida Karaki, consule, et Carole Dagher. Le dépôt de gerbe au pied de la croix par M. el-Khoury a été suivi d'une cérémonie symbolique de plantation d'un cèdre ramené du Liban par les élèves libanais. L'émotion était perceptible parmi les personnes présentes, qui ont pu admirer la forêt de cèdres ombrageant les lieux, et qui avaient été donnés au titre de la souscription nationale par le Liban et plantés par l'ancien président Charles Hélou, le 9 novembre 1972, deux ans après le décès du général de Gaulle, lors d'une cérémonie officielle, en témoignage d'amitié et de fidélité. Prenant la parole, le président du Mémorial Charles de Gaulle, Stéphane Martinelli, est revenu sur son séjour de six mois au Liban, avec les Casques bleus, et a évoqué la visite de Jacques Chirac au pays du Cèdre où il avait reçu un accueil chaleureux.
Le premier vice-président du Conseil général, Gérard Groslambert, a souligné qu'une telle cérémonie vise à transmettre la mémoire gaullienne et à la maintenir vivante auprès des enfants du Liban, ainsi qu'à entretenir les bonnes relations entre la France et le Liban à travers la figure du général de Gaulle. Le directeur de cabinet du préfet, Nicolas Regny, a invité les jeunes à revenir voir grandir le cèdre planté aujourd'hui, et s'est engagé à aller découvrir le Liban. À son tour, Ghady el-Khoury devait rappeler les mots de l'ancien président Charles Hélou lors de sa visite à Colombey, à la tête d'une délégation libanaise officielle en 1972, affirmant que les cèdres plantés « portent en eux, comme notre fidélité, l'espérance d'une jeunesse sans cesse renouvelée ». Appelant les jeunes Libanais à tisser « les liens de l'esprit et du cœur » avec les jeunes Français, comme les y avait appelés le général de Gaulle en 1930, à l'USJ, le chargé d'affaires a souligné qu'aux yeux des Libanais, et « indépendamment de la couleur politique des régimes et des gouvernements, la France reste gaullienne », ajoutant que « l'amitié entre nos deux pays commence surtout à l'école, où la culture française, l'histoire de France et l'amour de la France restent vifs ».
La cérémonie fut suivie d'une visite à La Boisserie, la résidence du général de Gaulle chargée de souvenirs et d'histoire. Le grand homme d'État y avait accueilli un seul chef d'État étranger, le chancelier Konrad Adenauer, pour y sceller la réconciliation franco-allemande, il y avait écrit ses Mémoires, dans son bureau ouvert sur le paysage immuable de la France rurale et profonde si chère à son cœur, et il s'y était éteint le 9 novembre 1970, faisant entrer Colombey-les-Deux-Églises dans la légende française.
La matinée s'est conclue par un moment de recueillement sur la tombe du général, dans le cimetière de Colombey, et par un dépôt de gerbe de M. el-Khoury, au nom de l'ambassade du Liban.


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