La majeure partie de l'est de la Libye était privée d'électricité hier après le bombardement d'une centrale électrique à Benghazi où se déroulent de violents combats entre la milice de l'ex-général Khalifa Haftar et les islamistes d'Ansar al-Charia, selon Loufti Ghouma, porte-parole de la compagnie nationale d'électricité. « Les circuits de la centrale de Benghazi-Nord ont été endommagés par un bombardement, provoquant une coupure de l'alimentation dans la majeure partie des villes de l'est de la Libye et de certaines autres dans des régions de l'ouest », a-t-il ajouté. Les ingénieurs tentent de réparer les dégâts mais ils éprouvent des difficultés pour rejoindre la centrale endommagée, a-t-il encore expliqué.
Les combats d'hier ont fait au moins cinq morts et 12 blessés, parmi les forces paramilitaires de Haftar, selon un bilan de l'hôpital d'al-Abyar, à 70 km au sud-ouest de Benghazi.
Les groupes islamistes, de leur côté, ne soignent pas leurs blessés dans les hôpitaux publics et communiquent rarement sur leurs victimes. Mais hier, ils ont déploré deux morts et des blessés dans un raid aérien sur le quartier général du groupe islamiste de Rafallah al-Sahati, a indiqué un de leurs commandant sous le couvert de l'anonymat. Deux hôpitaux de Benghazi ont fait état de leur côté de un mort, dont l'identité n'a pas été révélée, et trois blessés dont deux civils de nationalité soudanaise. Les combats ont également provoqué la fuite de dizaines d'habitants.
Autrefois proche de Mouammar Kadhafi, Khalifa Haftar est ensuite tombé en disgrâce et a pris part au soulèvement de 2011 qui a mis fin au règne du « guide de la révolution ». En février, l'ancien officier a appelé à la formation d'un comité présidentiel pour expédier les affaires courantes jusqu'aux élections législatives prévues le 25 juin, ce qui a fait craindre un coup d'État. Reprochant aux autorités centrales leur incapacité à contenir les mouvements tels qu'Ansar al-Charia, il a lancé en mai l'opération « Dignité » contre les islamistes de Benghazi. Ses forces ont notamment eu recours à des avions de chasse et des hélicoptères pour bombarder des camps islamistes. Plusieurs unités des forces gouvernementales se sont ralliées au général renégat, mais Tripoli lui dénie toute légitimité. Le général dissident affirme régulièrement que son opération « se poursuit » et qu'elle a porté un coup dur aux groupes radicaux. Mais ses détracteurs islamistes minimisent l'impact de ces opérations et l'accusent de bombarder des sites civils.
(Sources : agences)


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