Une photo de l’aéroport de Karachi. Rizwan Tabassum / AFP
Au moins trente personnes ont été tuées lors d'un assaut de plus de 12 heures mené par un commando taliban à l'aéroport de Karachi, le plus important du Pakistan.
Parmi les morts figurent les dix insurgés auteurs de cet assaut mené dans la plus grande ville et capitale économique du pays, qui n'avait pas connu d'attaque rebelle si spectaculaire contre des institutions étatiques depuis plusieurs années. L'attaque confirme comme c'était son but la fragilité de la situation sécuritaire dans le pays et les défaillances de l'État en la matière, y compris sur ses sites les plus stratégiques, donc en principe les plus sécurisés. Revendiquée par le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), principal groupe rebelle du pays et proche d'el-Qaëda, l'attaque avait débuté vers 23h00 heure locale dimanche soir. Certains des assaillants étaient vêtus d'uniformes militaires, pour nourrir la confusion, selon les autorités qui ont ensuite présenté à la presse leurs restes mutilés, fusils d'assaut, grenades et lance-roquettes. Pour l'analyste pakistanaise Hasan Askari, spécialiste des questions de sécurité, la situation révèle l'impasse de la tactique d'attente actuelle du Premier ministre Nawaz Sharif.
D'un côté, « il n'est pas prêt, ni psychologiquement ni idéologiquement, à attaquer les rebelles de front », et de l'autre, « s'il insiste trop sur la paix, il se créera des problèmes avec l'armée », qui reste l'institution la plus puissante du pays, a-t-il estimé.
Sur le plan diplomatique, le Pakistan a fermement rejeté hier les déclarations de Kaboul l'accusant d'être impliqué dans l'attaque qui a visé la semaine dernière le favori de l'élection présidentielle afghane Abdullah Abdullah et tué 12 personnes, à quelques jours du second tour.
(Source : AFP)

