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Nos lecteurs ont la parole - Molly Selwan

Nous faut-il survivre dans le vide ou vivre ?

J'ai épuisé mes mots sur le papier, et l'encre de mes phrases s'est asséché. Quoique je pense, quoique j'écrive, les faits sont là, à me narguer. Mon pays est malade, ses dirigeants aussi. J'écoute passer les heures, les jours, les années et je constate qu'autour de moi, rien n'a changé. Pourtant, ailleurs, les astronautes circulent sur Mars, les voitures fonctionnent à l'électricité pour protéger l'environnement. Les avions-drones volent sans pilote et bientôt l'homme apprendra à aimer le robot. Pourtant, la technologie en continuelle évolution ne s'arrête pas: la lettre I prend la tête de l'alphabet, i-Pod, i-Phone, i-Pad, entraînant derrière elle toute la téléphonie mobile, etc.
Ainsi, dans ce monde peuplé de bouleversements, de catastrophes et d'imprévus, de théories, de révolutions d'évolution, le Liban fait preuve d'une mortelle rigidité. Les événements de notre pays semblent statufiés dans le siècle précédent. Les héros de la guerre fratricide sont toujours là, à diriger le chaos et à vouloir sauvegarder l'anarchie qui régente la scène libanaise. Qu'ils sont pitoyables, ces chefs de partis, vestiges d'une autre époque, à vouloir encore demeurer sur la scène après une vie remplie de péripéties, à l'heure où l'on se retire pour écrire ses Mémoires. En cette ère où la technologie, à pas de géant, écrase leur vision d'un monde dépassé, sans aucune place pour l'individualisme et le culte de soi, il ne faut pas s'étonner de constater qu'il y a eu dans les partis libanais certaines fissures, comme les lézardes que l'on voit sur les murs vieillis par les ans. Cela n'est pas dû à des convictions politiques, mais à un manque d'adaptation où la mégalomanie ne peut plus être appliquée en cette ère du Web, quand la moindre objection venue de la masse se répand en un rien de temps, à travers Facebook, Twitter, etc.
En conséquence, au lieu de favoriser le culte de la personne à des fins politiques pour atteindre le pouvoir, les partis devraient travailler à améliorer la situation sociale et économique dans le pays. C'est de cela que le Liban a le plus besoin à l'heure actuelle, quand toutes les institutions de l'État sont en grève et les employés dans la rue. Il est important non seulement de solutionner les «comment» de certains problèmes, mais aussi de répondre au «pourquoi» de ce qui se passe autour de nous en communiquant avec les hommes et la nature. J'ai retenu cette phrase émise par Edgar Morin, philosophe et sociologue français: «La carence de nos sociétés, c'est que la compréhension diminue au profit de l'égocentrisme, de tous les facteurs qui ont dégradé les solidarités.»
L'augmentation des salaires motivée par la cherté de vie est un droit pour les gens afin qu'ils puissent vivre convenablement. C'est une des bases de la croissance d'un pays que d'avoir une population susceptible de subvenir à ses propres besoins en produits de consommation. Des familles qui puissent recevoir une paie au pouvoir d'achat satisfaisant pour élever leurs enfants avec décence, au-dessus du seuil de la pauvreté. Il nous faut ramener cette classe moyenne que nous avons perdue après la guerre, cette classe bourgeoise qui, hélas, n'existe plus dans notre pays. Il y a actuellement des riches et des pauvres. Travaillons à établir un peu d'équilibre dans les sociétés de notre pays, c'est à cela que doivent œuvrer nos ministres et nos députés au lieu de toujours courir derrière un pouvoir utopique.
J'arrive à la fin de mon article sans avoir évoqué le sujet qui me fait honte: celui de l'élection du président maronite et de cette comédie qui a animé ces séances parlementaires. Je suis profondément déçue, ainsi qu'une grande majorité de notre population maronite, par l'attitude, que je qualifie de malsaine, de certains leaders candidats à la présidence. Le peuple libanais mérite beaucoup plus que cela. Pourquoi aurait-il confiance en un candidat qui n'aurait pas eu le courage de déclarer sa candidature, attendant que celle-ci soit appuyée par l'Arabie saoudite ou l'Iran?
Un candidat qui ne s'est pas rendu au Parlement pour accomplir son devoir de député est indigne d'être nommé président de la République libanaise. À ceux qui évoquent en cela la démocratie je dis: non! Car au-dessus des lois et de cette simili-démocratie, il existe ce que l'on nomme patriotisme et éthique, deux concepts inhérents à une citoyenneté. Arrêtez donc l'étalage dégradant de ces produits dérivés de notre république. Ces produits toxiques, imbibés du poison de la mégalomanie, du suivisme et d'une vaine ambition. Reprenez-vous donc, l'histoire vous observe! Pour la mémoire, souvenez-vous que ce peuple que vous traitez si mal et utilisez à des fins politiques, c'est vous qui êtes là pour le servir et pas l'inverse.

Molly SELWAN

P.S.- Parmi les personnalités qui composent la population de ce pays de communauté maronite, n'existe-t-il pas un homme digne d'être nommé président?

J'ai épuisé mes mots sur le papier, et l'encre de mes phrases s'est asséché. Quoique je pense, quoique j'écrive, les faits sont là, à me narguer. Mon pays est malade, ses dirigeants aussi. J'écoute passer les heures, les jours, les années et je constate qu'autour de moi, rien n'a changé. Pourtant, ailleurs, les astronautes circulent sur Mars, les voitures fonctionnent à l'électricité pour protéger l'environnement. Les avions-drones volent sans pilote et bientôt l'homme apprendra à aimer le robot. Pourtant, la technologie en continuelle évolution ne s'arrête pas: la lettre I prend la tête de l'alphabet, i-Pod, i-Phone, i-Pad, entraînant derrière elle toute la téléphonie mobile, etc.Ainsi, dans ce monde peuplé de bouleversements, de catastrophes et d'imprévus, de théories, de révolutions d'évolution, le Liban...
commentaires (1)

PAUVRE LIBAN ! PAUVRES LIBANAIS ! VOTRE CALVAIRE EST LENT ET LONG...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

10 h 13, le 05 juin 2014

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Commentaires (1)

  • PAUVRE LIBAN ! PAUVRES LIBANAIS ! VOTRE CALVAIRE EST LENT ET LONG...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 13, le 05 juin 2014

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