Le rapport sur le marché du travail avait été excellent en avril. Le chômage était tombé de 4 dixièmes à 6,3 %, tandis que les créations d'emploi avaient fortement accéléré à 288 000. Pour partie, cette performance était une correction après un début d'année difficile. La vigueur du marché du travail est toutefois bien réelle. La plupart des indices de confiance sont restés élevés en mai et les inscriptions au chômage se situent sur un niveau historiquement bas, un peu supérieur à 300 000. Le consensus Bloomberg s'attend donc à de nouvelles solides créations d'emploi à 218 000. Le chômage est attendu en légère hausse à 6,4 %. Le taux de participation qui avait fortement baissé le mois dernier pourrait en effet se reprendre un peu. Rappelons cependant que la baisse de la participation est, de notre point de vue, largement structurelle (départs en retraite de baby-boomers) ; elle ne va pas connaître un rebond fort et durable. On suivra aussi avec attention l'évolution des salaires. Quand le chômage avoisine son niveau d'équilibre de 5,5 %, la Fed s'attend à ce que les salaires progressent de 3-4 % par an. Attendu en hausse de 2,0 % sur l'an, le salaire horaire est encore loin de cette vigueur. De quoi justifier, pour encore un peu de temps, la politique de taux zéro.

