Des femmes orthodoxes priant dans une cathédrale à Donetsk. Alexander Khudoteply/AFP
Le conflit entre rebelles prorusses et forces loyalistes dans l'est de l'Ukraine divise les orthodoxes, selon qu'ils appartiennent au patriarcat de Kiev ou de Moscou.
En effet, le patriarche orthodoxe de Kiev Filarète a dénoncé « l'agression contre l'Ukraine et le soutien apporté par la Russie aux terroristes et séparatistes », dans un message aux fidèles, il y a deux semaines.
L'archevêque de Lougansk et Altchevsk Mitrofane, du patriarcat de Moscou, a un regard totalement différent sur la situation : « Il faut prendre en considération le résultat du référendum (sur l'indépendance de la région de Lougansk). Ceux qui sont au pouvoir à Kiev doivent écouter les gens du sud-est de l'Ukraine et tenir compte de ce qu'ils pensent », a-t-il a déclaré. Mais même au sein du patriarcat de Moscou le soutien aux rebelles prorusses n'est pas unanime : des hiérarques refusent de s'engager politiquement et restent sur une ligne strictement religieuse, comme le métropolite de Donetsk et Marioupol Ilarion. « L'Église n'a pas le droit de soutenir l'une des parties dans cette guerre fratricide, et il ne peut y avoir de bénédiction divine pour qui enfreint le commandement "Tu ne tueras point" », a déclaré le métropolite dans un message lu dimanche dans toutes les églises de la région.
L'archevêque de Lougansk Mitrofane, même s'il affiche son soutien aux séparatistes, a pris ses distances avec l'un de ses prêtres, le père Vladimir Maretsky, accusé d'avoir participé à l'attaque d'un bureau où devait se tenir le 25 mai l'élection présidentielle ukrainienne. Le père Maretsky a été écarté de ses fonctions pastorales en attendant la fin de l'enquête sur cet incident.
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« Les fidèles ont peur de venir à la messe »
En outre, les autres confessions, orthodoxes du patriarcat de Kiev, protestants, uniates (catholiques de rite oriental) ou catholiques romains, sont considérées comme étrangères au monde russe et a priori opposées au rapprochement avec la Russie dont rêvent les militants prorusses. L'évêque catholique de la région, Jan Sobilo, a fait part de son inquiétude dans une interview à radio Vatican : « La situation devient plus difficile chaque jour. Les séparatistes paralysent les villes. À Kramatorsk (près de Donetsk), on a tiré sur une chapelle. Les fidèles ont peur de venir à la messe. » Plus grave, le pasteur protestant Serguiï Kossiak, une main bandée et le corps encore bleu des traces de coups, a raconté son histoire : « Ils étaient plusieurs à me battre, même une femme s'y est mise. Les médecins ont noté une commotion cérébrale. » « L'intolérance religieuse progresse », observe le pasteur Kossiak en craignant un retour des persécutions comme en ont connu les communautés religieuses dissidentes à l'époque soviétique.
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En effet, le patriarche orthodoxe de Kiev Filarète a dénoncé « l'agression contre l'Ukraine et le soutien apporté par la Russie aux terroristes et séparatistes », dans un message aux fidèles, il y a deux semaines.L'archevêque de Lougansk et Altchevsk Mitrofane, du patriarcat de Moscou, a un regard totalement différent sur la situation : « Il faut prendre en considération le résultat du référendum (sur l'indépendance de la région de Lougansk). Ceux qui sont au pouvoir à Kiev doivent écouter les gens du sud-est de l'Ukraine et tenir compte de ce qu'ils pensent », a-t-il a déclaré. Mais même au sein du patriarcat de Moscou le soutien aux rebelles...


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