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Moyen Orient et Monde - Conflit

Des centaines de rebelles à l’assaut des forces ukrainiennes dans l’Est

Un homme portant son fils dans les bras pour quitter la zone de troubles dans l’est de l’Ukraine. Sergey Gapon/AFP

Une attaque d'envergure lancée hier par une centaine de rebelles contre le siège régional des gardes-frontières à la périphérie de Lougansk, centre régional de 450 000 habitants, se poursuivait hier dans l'après-midi.
En effet, des snipers tiraient sur le bâtiment depuis les toits de deux immeubles d'habitation de neuf étages à proximité. Ils étaient soutenus par des insurgés se trouvant en bas, armés de kalachnikov et de lance-roquette. Les gardes-frontières ont affirmé avoir tué cinq rebelles et blessé huit. Dans leurs rangs, sept hommes ont été blessés dont quatre brièvement au cours de cette attaque. L'anarchie s'est emparée d'une grande partie de la région et même de Donetsk, centre régional d'environ un million d'habitants.
Sur le plan diplomatique, les États-Unis ont affirmé hier détenir des « preuves » que Moscou continuait à laisser passer des « combattants » et des « armes » dans l'est de l'Ukraine. Hier le chef de la diplomatie russe SergueÏ Lavrov a demandé des « couloirs humanitaires » dans l'est de l'Ukraine dans un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

 

Répit dans la guerre du gaz
Sur le front énergétique, la Russie a accordé à Kiev un répit d'une semaine en repoussant jusqu'au 9 juin son ultimatum sur le gaz et la menace d'une coupure d'approvisionnement qui inquiète l'Europe. Quelques heures avant le début de négociations à Bruxelles, le PDG de Gazprom Alexeï Miller a confirmé avoir reçu un versement de 786 millions de dollars de Kiev tout en rappelant que la totalité de la dette s'élevait à 2,3 milliards de dollars pour le gaz livré au 1er avril. Le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a promis dimanche que l'Ukraine rembourserait sous dix jours sa dette gazière à la Russie, si les deux pays arrivaient à se mettre d'accord hier sur les termes d'un nouveau contrat. L'OTAN et la Russie ont repris hier le dialogue, à l'occasion d'une réunion des ambassadeurs à Bruxelles, mais sans parvenir à surmonter leurs profondes divergences sur la crise ukrainienne, selon l'Alliance et des sources diplomatiques.
Par ailleurs, Petro Porochenko, le nouveau président ukrainien, doit rencontrer dès mercredi le président américain Barack Obama dont le soutien est crucial pour l'Ukraine. M. Porochenko pourrait évoquer avec lui une aide militaire américaine à l'Ukraine. En visite à Kiev hier, l'assistant au secrétaire américain à la Défense, Derek Chollet, a indiqué avoir discuté avec les autorités ukrainiennes d'une « assistance de 18 millions de dollars et de la coopération à long terme pour renforcer les structures de défense ukrainiennes ». Il pourra aussi croiser le chef de l'État russe Vladimir Poutine lors des célébrations le 6 du Débarquement allié en Normandie où il a été invité par le président français François Hollande, même si leur rencontre n'est pas envisagée, selon le Kremlin. C'est le Premier ministre britannique qui rencontrera le chef du Kremlin en Normandie en tête à tête pour évoquer la crise ukrainienne et « insister sur l'importance d'un dialogue entre le gouvernement russe et le nouveau gouvernement ukrainien ».

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