Pour ne plus risquer sa vie la nuit, il faudrait juste des... toilettes
Faute de latrines dans de nombreux villages indiens, les habitantes attendent la tombée de la nuit pour aller aux champs, loin des maisons. C'est à ce moment de la journée qu'elles se sentent le plus en insécurité. Une peur justifiée comme le prouvent le viol et le meurtre de deux adolescentes mercredi dernier. Les deux adolescentes ont été agressées alors qu'elles se rendaient dans un champ pour aller aux toilettes, dans l'obscurité, selon leurs proches. La police a indiqué qu'elles avaient été violées, puis pendues par leurs agresseurs.
L'Unicef estime que près de 594 millions d'Indiens, soit presque la moitié de la population, doivent aller se soulager dans la nature. Pour préserver leur intimité, beaucoup de femmes attendent la nuit tombée, au risque de faire de mauvaises rencontres, dans l'obscurité. « Penser que des femmes doivent prendre de tels risques juste pour aller aux toilettes est choquant », déclare Carolyne Wheeler, qui travaille pour l'ONG WaterAid.
Tous les responsables politiques indiens s'accordent à souligner les maux, sanitaires et sociaux, causés par ce manque de toilettes. Fin 2013, cinq mois avant son élection à la tête du pays, l'actuel Premier ministre Narendra Modi avait indiqué que son Parti nationaliste hindou ferait passer la construction de WC avant celle de temples. « D'abord des toilettes. Les temples pour plus tard », avait-il lancé.
Mais les défis sont immenses dans ce pays doté d'infrastructures mal en point, voire inexistantes. L'Inde rurale manque des toilettes, mais aussi de routes en bon état, d'électricité en continu et d'eau courante...
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Inde
OLJ / le 02 juin 2014 à 00h00

