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Nos lecteurs ont la parole - Walid Daouk

« L’Orient-Le Jour » en route pour le centenaire

L'OLJ célèbre cette année ses 90 ans d'existence. Le journal occupe une place primordiale dans l'histoire du Liban.
Il a accompagné toutes les grandes échéances du pays, de l'entre-deux-guerres, l'indépendance, l'âge d'or, les guerres fratricides, l'après-guerre, la résurrection, le déclin...
Tous les jours de la semaine, du dimanche au samedi, du noir au blanc, toutes les dates, 7, 14, 17, 25, tous les mois de l'année, février, mars, avril, mai, juin, toutes les saisons printemps comme été, tant joyeuses que pénibles, il les a vécues, relatées, analysées, décortiquées avec objectivité et grand professionnalisme.
Installé à Beyrouth, il a connu toutes les villes importantes du monde et toutes les conférences au sommet, de Yalta à Doha en passant par Genève, Lausanne, Taëf, Paris I, Paris II, Paris III.
Toutes les grandes causes qui ont charpenté le combat national et animé les débats dans cette partie tumultueuse du monde s'y retrouvent. Des idées phares y ont été souvent évoquées pour la première fois, d'autres s'y sont enrichies du débat et de la confrontation des points de vue. Il a élargi ses champs d'intérêt, approfondi ses thèmes et a lancé de grands chantiers de réflexion qui ont eu un écho majeur dans la société. Il s'est imposé comme un instrument efficace d'action intellectuelle et est devenu un laboratoire d'idées pour engendrer l'action.
Il a été aussi un élément fédérateur entre les diverses composantes de la société pour asseoir et conforter la coexistence islamo-chrétienne que nous chérissons tous ; il saura aussi – tout au long de son parcours – parler la langue de la modération, très loin des discours fanatiques des extrémistes de tous bords.
Le Liban tolérant, havre de paix et symbole de la joie de vivre lui doit une fière chandelle, il a été et sera toujours le chantre des libertés publiques, notamment la liberté d'expression qui trouve en lui un brillant et infatigable défenseur.
L'OLJ a su attirer des collaborateurs dynamiques et créatifs, aux cheveux blancs et aux cheveux noirs, très souvent parmi les plus illustres penseurs de leur temps, en provenance des divers champs de la culture et de divers horizons idéologiques-politiques et confessionnels.
L'OLJ a aussi bien su nous cultiver que nous distraire. Nous l'attendions depuis notre plus jeune âge, avec ou sans ses croissants chauds.
L'OLJ, pour perdurer durant neuf décennies, a véhiculé des opinions, des analyses, de grands débats de société en s'imposant une grande rigueur et discipline intellectuelle à l'égard de ses lecteurs et détracteurs, construisant ainsi un grand espace pour la pensée. C'est une obligation continue, dont L'OLJ s'est acquitté avec grand succès, tant hier qu'aujourd'hui.
Face au déclin ou même l'arrêt de parution d'autres journaux pour causes financières, L'OLJ a su garder la tête haute, et ce grâce à la générosité – mécénat, dirions-nous – de ses actionnaires et de leurs collaborateurs. Sa survie tout au long de ces années est due aux abonnements et recettes publicitaires. C'est une situation des plus difficiles et des plus contraignantes certes, mais qui l'oblige chaque matin à faire preuve de créativité et de pertinence pour conserver le soutien de ses lecteurs.
L'OLJ a su affronter les défis des temps modernes et s'est très vite doté d'un site Internet très dynamique et interactif, et a donné accès en ligne et presque gratuitement à la totalité de son œuvre.
Depuis près d'un siècle, L'OLJ lutte pour préserver la francophonie dans cette région du monde, faire rayonner sa culture, véhiculer ses idéaux et accroître l'épanouissement de ses populations en développant la démocratie, intensifiant le dialogue des cultures et soutenant l'État de droit et les droits de l'homme.
L'OLJ est un journal de qualité, qui ne manipule pas ses lecteurs, n'effectue pas de commandes politiques, ne succombe pas aux tentations comme beaucoup de ses pairs ;
c'est un journal professionnel et honnête. Il trouve sa pérennité dans sa pertinence, l'engagement indéfectible de ses collaborateurs et le soutien inconditionnel de ses lecteurs.
L'OLJ, joyeux anniversaire.

Walid DAOUK
Ancien ministre de l'Information

L'OLJ célèbre cette année ses 90 ans d'existence. Le journal occupe une place primordiale dans l'histoire du Liban.Il a accompagné toutes les grandes échéances du pays, de l'entre-deux-guerres, l'indépendance, l'âge d'or, les guerres fratricides, l'après-guerre, la résurrection, le déclin...Tous les jours de la semaine, du dimanche au samedi, du noir au blanc, toutes les dates, 7, 14, 17, 25, tous les mois de l'année, février, mars, avril, mai, juin, toutes les saisons printemps comme été, tant joyeuses que pénibles, il les a vécues, relatées, analysées, décortiquées avec objectivité et grand professionnalisme.Installé à Beyrouth, il a connu toutes les villes importantes du monde et toutes les conférences au sommet, de Yalta à Doha en passant par Genève, Lausanne, Taëf, Paris I, Paris II, Paris III.Toutes les...
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