Des femmes égyptiennes montrant leurs doigts pour prouver qu’elles ont voté au second jour de l’élection présidentielle. Photo AFP
À la surprise générale, la présidentielle en Égypte a été prolongée hier pour une troisième journée « pour permettre au plus grand nombre de voter », selon le pouvoir dirigé de facto par l'ex-chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi, assuré de l'emporter.
La raison officielle, tombée sous la forme d'un communiqué de la commission électorale, est la suivante : une vague de chaleur faisant que le plus grand nombre d'électeurs ne se déplacent que le soir. Et comme pour ajouter à la confusion, le camp Sissi a annoncé peu après la fermeture des bureaux hier soir qu'il portait plainte contre la décision de prolonger le scrutin. M. Sabbahi a fait de même, s'interrogeant sur « l'intégrité de l'élection » et laissait planer le doute sur un éventuel retrait. Dans le même temps, le Premier ministre Ibrahim Mahlab a assuré que la participation était « bonne ».
La prolongation du scrutin, dont les résultats devraient être annoncés avant le 5 juin, « affecte sa crédibilité », a estimé le politologue Gamal Abdel Gawad, évoquant une bourde politique. « Sissi l'emportera massivement de toute façon et il n'y avait pas besoin de placer la barre si haut en termes de participation, car quand le résultat d'un scrutin ne fait aucun doute, il n'y a pas grand-chose à faire pour inciter les gens à se déplacer pour voter. »
(Repère : La présidentielle égyptienne en 10 points)
« Demain sera magnifique »
En effet, Abdel Fattah al-Sissi jouit d'un véritable culte de la personnalité et fait face à un unique et pâle rival, mais les commentateurs des médias d'État et privés, unanimement pro-Sissi, se faisaient hier l'écho d'une participation relativement faible pour l'heure. Le taux de participation à la présidentielle étant de quelque 37 % mardi soir, selon la commission électorale.
Le nombre de votants servira d'indicateur pour Abdel Fattah al-Sissi qui entend démontrer en Égypte comme à l'extérieur du pays sa légitimité. Dans le bureau où il a voté, M. Sissi a d'ailleurs promis aux Égyptiens que « demain sera magnifique », alors que la foule se précipitait pour l'embrasser. Le 26 juillet dernier déjà, il avait appelé le peuple à manifester massivement pour lui « donner mandat » d'en finir avec les islamistes même si l'Égypte devra faire des compromis, notamment sur les libertés. Kamal Mohammad Aziz, un électeur de 63 ans, a dit voter pour M. Sissi car « il faut une main de fer pour redresser la situation ». Mahmoud el-Minyawi, 66 ans, a, lui, dit voter pour ce « patriote » car « il faut de la discipline dans la période que nous traversons ».
Pour rappel, au deuxième tour de la présidentielle de juin 2012, M. Morsi avait recueilli 51,73 % des suffrages avec une participation de 51,85 %, considérée à l'époque par les experts comme un taux relativement élevé pour le pays.
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