UEM : prêts bancaires au secteur privé et taux refi (échelle droite)
Sauf à créer une énorme déception, la Banque centrale européenne assouplira sa politique monétaire le 5 juin. C'est une quasi-certitude. Pour autant, la BCE ne va pas ignorer les informations publiées d'ici là, en particulier celles qui concernant la création de monnaie et l'octroi de crédit. La croissance de la masse monétaire est tombée à 1,1 % sur un an en mars, bien au-dessous de la valeur de référence de 4,5 % par an utilisée jadis (la BCE n'y fait plus allusion du tout, soit dit en passant). Cette faible croissance reflète en large partie les ajustements réalisés par les banques depuis 2008. À la purge des crises immobilière et financière qui ont touché plusieurs pays s'est ajoutée, pour toutes les principales banques de la zone, la préparation des bilans à l'AQR et aux stress tests. Après avoir progressé jusqu'en 2008, puis avoir stagné jusqu'en 2011, l'encours des prêts au secteur privé a commencé à se contracter en 2012. La contraction se poursuivait encore début 2014, mais au rythme presque stabilisé de -2 % par an. Compte tenu de la lenteur du cycle du crédit et de son décalage par rapport au cycle d'activité, l'absence de crédit n'empêche pas une timide reprise. Mais cette situation n'est pas confortable dans la durée. D'où la vigilance de la BCE sur cette question.

