Photo AFP
« Les nouveaux trains régionaux, plus larges que les précédents, vont nécessiter
des travaux pour élargir 1 300 quais pour un coût de 50 millions d'euros,
selon la SNCF et Réseau ferré de France (RFF),
qui confirment une information du "Canard Enchaîné". »
Quand Dubois, mon adjoint, m'a dit que les nouvelles rames que nous, la SNCF, avions commandées, ne passaient pas dans 1 300 gares, qu'il allait falloir raboter un paquet de quais, et que le rabotage allait coûter 50 millions d'euros, au bas mot, je lui ai dit : « Mon petit Dubois, il faut impérativement trouver un moyen d'attribuer la boulette aux gars du RFF. » Le RFF, c'est le Réseau ferré de France, ceux qui s'occupent du dessous, l'infrastructure, alors que nous on s'occupe du dessus, les trains. Les gars du RFF, on ne les aime pas. Pourquoi, je ne sais pas. Mais ce que je sais, c'est qu'on ne les aime pas. D'où une communication un peu hâchée. D'où la boulette.
Je le reconnais, c'est une boulette. Disons que, comme l'a expliqué le patron de RFF – que je n'aime pas – on a découvert « le sujet un peu tardivement ». Les rames ont été commandées en 2009, « le sujet » découvert en 2011, les régions informées l'année suivante et le rabotage lancé en 2014. Disons qu'au niveau organisation, on a vu mieux. Disons tout cela, mais de là à crier au scandale...
Finalement, on va fournir des trains plus modernes, plus grands, plus accessibles, plus larges, oui, plus larges. Si le confort de nos chers passagers nécessite d'arranger des infrastructures parfois vieilles de plus de cinquante ans, de raboter quelques quais, il n'y a pas mort d'homme tout de même ! Et ce ne sera pas la première fois non plus ! Alors vraiment, je ne comprends pas tout ce ramdam. Certains disent qu'on a poussé le bouchon trop loin en essayant de faire payer la boulette aux régions... Ça se tentait, non ?
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J'ai d'abord pensé que c'était une blague. Que les pontes à Paris fassent des conneries, d'accord, mais des grosses comme ça ? Il a bac + combien le gars qui a découvert, deux ans après avoir commandé les TER, qu'ils ne passaient pas dans 1 300 gares, dont la mienne ?
Donc, quand M. le maire est venu me dire « Gaston, il va falloir raboter tes quais », d'abord je n'ai pas compris. Ensuite, j'ai pensé que c'était une blague. « Raboter mes quais M. le maire ? Elle est bien bonne celle-là ! » Il a l'habitude de nous faire des blagues M. le maire. À la dernière fête du village, il avait dévissé les salières à la table du banquet. Le savon que lui a collé Mme le maire !
Et puis j'ai vu qu'il ne se marrait pas. Alors là, ça m'a fait tout bizarre. J'en avais entendu parler des nouvelles rames, racées, élégantes et tout ça. Mais à aucun moment on m'avait dit qu'il allait falloir raboter les quais pour les faire passer.
« Avec quels sous on va raboter ? » j'ai demandé à M. le maire. « Je ne sortirai pas un sou pour le rabotage, il a hurlé. Tu m'entends Gaston, pas un. Si les génies de la capitale veulent que leur train traverse ma gare, il va falloir qu'ils crachent au bassinet ! »
J'aime bien quand M. le maire pose ses principes comme ça, ses lignes rouges comme on dit. On n'est pas des pigeons quand même !
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Il ne manquait plus que ça. Après Cahuzac, son gros mensonge, les yeux dans les yeux et son compte en Suisse, une courbe de popularité en berne, les dérapages d'Aquilino, ceux de mon ex, ceux de l'autre ex, Julie qui m'oublie, Valls qui veut qu'on m'oublie... les trains trop larges. Et le monde entier qui se fout de nous, de la France, de sa gouvernance, de moi. Le tout à quelques jours des européennes, donc de la nouvelle raclée. Comment vous dire... Je suis un peu fatigué là. Et j'ai encore trois ans à tirer à l'Élysée. Je ne suis même pas à la moitié. Je ne sais pas si je vais tenir.
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Ah, le joli mois de mai ! Les trains trop larges pour les quais, à quatre jours des européennes et en même temps que le énième dérapage de papa.
Pour tout vous dire, c'est Philippot qui m'a rapporté l'info. « Marine, tu ne vas pas le croire, m'a-t-il dit. Pour le FN, c'est Noël avant l'heure ! » Après avoir raccroché, j'ai eu du mal à garder mon calme. Cette envie de rire, de hurler, de crier. Une grande inspiration, une grosse expiration, et je me suis collée à la rédaction de mon communiqué : « Cette affaire témoigne de l'absence de pilotage stratégique des grands services publics dans notre pays, en particulier depuis les libéralisations exigées par l'Union européenne. »
Et pouf, volatilisée la dernière obscénité de Jean-Marie qui veut régler le problème de l'immigration à grand renfort de virus Ebola.
Je me demandais si on allait se sortir de celle-là. Eh bien, avec la SNCF, c'est possible !
(Ceci est un billet, ce texte est donc le produit de l'imagination de l'auteure)
Quand Dubois, mon adjoint, m'a dit que les nouvelles rames que nous, la SNCF, avions commandées, ne passaient pas dans 1 300 gares, qu'il allait falloir raboter un paquet de quais, et que le rabotage allait coûter 50 millions d'euros, au bas mot, je lui ai dit : « Mon petit Dubois, il faut impérativement trouver un moyen d'attribuer la boulette aux gars du RFF. » Le RFF, c'est le Réseau ferré de France, ceux qui s'occupent du dessous, l'infrastructure, alors que nous on s'occupe du dessus, les trains. Les gars du RFF, on ne les aime pas. Pourquoi, je ne...


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C'est frais à lire , comme on boit une bonne limonade au comptoir du café . Merci Emilie ! Ah pour Monseigneur Ebola , on a eu de la chance que le niveau des parkings de France est à la bonne hauteur , sinon ce coup ci Le Pen, il passait pas .
17 h 36, le 23 mai 2014