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Moyen Orient et Monde - Tensions

Flou total sur la présence de l’armée russe à la frontière ukrainienne

Kiev ne confirme ni ne réfute le retrait des troupes, qui auraient reculé d'une dizaine de kilomètres dans un geste d'apaisement.

À Marioupol, des milliers d’ouvriers, travaillant pour Rinat Akhmetov, se sont réunis sur un terrain de foot au milieu de l’immense complexe sidérurgique pour manifester contre les séparatistes. Dimitar Dilkoff/AFP

Les autorités ukrainiennes ont indiqué hier ne plus observer de mouvement des troupes russes juste de l'autre côté de leur frontière avec la Russie, relevant toutefois qu'elles ne peuvent confirmer leur retrait total.
Selon les gardes-frontières ukrainiens, les soldats russes et leur matériel ont reculé d'au moins dix kilomètres de la frontière. « Nous n'observons aucune troupe russe à une distance proche de notre frontière, soit 10 kilomètres. Notre avion de reconnaissance a fait un vol de nuit, a parcouru 820 kilomètres de frontière et a analysé le territoire avec ses caméras thermiques », a déclaré Serguiï Astakhov, un haut responsable des gardes-frontières, soulignant qu'auparavant, les militaires russes faisaient parfois des incursions jusqu'à quelques centaines de mètres de la frontière. « À l'heure actuelle, nous ne pouvons pas confirmer » ce retrait, a par ailleurs déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Dechtchitsa, lors d'une rencontre avec son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier.
La veille, Vladimir Poutine avait ordonné à ses troupes de rentrer dans leurs casernes. Mais hier matin, le ministère russe de la Défense a fait savoir que les troupes en étaient seulement au stade des préparatifs de départ. Le Kremlin a annoncé à plusieurs reprises un retrait des troupes massées depuis mars pour des manœuvres à la frontière – 40 000 hommes, selon l'OTAN – sans toutefois que les Occidentaux puissent le confirmer. L'absence d'activité est toutefois en soi un signe de la volonté de la Russie de faire baisser la tension. Cette démonstration de force à la frontière alimente depuis mars la crainte d'une invasion de l'Ukraine après l'intégration en mars de la Crimée à la Russie au terme d'un déploiement de forces russes dans la péninsule suivi d'un référendum pour le rattachement à l'immense Fédération de Russie. En visite à Bucarest, le vice-président américain Joe Biden a pour sa part une nouvelle fois condamné le rattachement de la Crimée estimant que « les frontières ne doivent pas changer à la pointe des fusils ».
À quelques jours d'une présidentielle ukrainienne cruciale, ces développements pourraient être interprétés comme un geste symbolique d'apaisement de la part de Moscou ; toutefois, la Russie a émis suffisamment de réserves pour ne pas cautionner un vote qui renforcerait le pouvoir pro-occidental de Kiev. Le président Vladimir Poutine a quand même adopté dernièrement un ton plus conciliant, mais les experts ont interprété ce changement de ton relevant d'une tactique visant notamment à éviter de nouvelles sanctions occidentales qui pourraient toucher non plus quelques hauts responsables mais certains secteurs de l'économie russe, entrée en récession selon le Fonds monétaire international (FMI).

Akhmetov vs séparatistes
Sur le terrain, et alors que l'Est prend chaque jour un peu plus ses distances avec Kiev, l'homme le plus riche du pays, Rinat Akhmetov, premier employeur de cette région, a appelé les Ukrainiens à s'opposer aux séparatistes. La prise de position ferme de l'oligarque en faveur de l'unité de l'Ukraine constitue un revers pour les séparatistes et un possible tournant dans la crise. Rinat Akhmetov ménageait jusque-là les autorités de Kiev et les séparatistes. Son ralliement à Kiev pourrait être lourd de conséquences dans l'Est où sa holding concentre des actifs dans la métallurgie, le charbon, la banque. Il possède également le club de football Shakhtar Donetsk dont les supporters jouent un rôle important dans la région. « J'appelle l'ensemble de mes employés à travers le Donbass à sortir manifester pacifiquement devant les entreprises où ils travaillent », a annoncé l'homme d'affaires dans un communiqué de sa holding System Capital Management (SCM). « Les habitants en ont assez de vivre dans la peur et la terreur. Ils sont fatigués de se faire tirer dessus dans la rue. Des personnes se promènent avec des armes à feu et des lance-grenades. Les villes sont le théâtre d'actes de banditisme et de pillages », a fustigé M. Akhmetov qui pèse 12,2 milliards de dollars, selon le magazine américain Forbes.
Des rassemblements ont ainsi été organisés près des usines appartenant à l'oligarque, au moins à Marioupol et à Donetsk. À Marioupol, qui abrite l'usine métallurgique Ilitch, l'un des fleurons de l'empire industriel de Rinat Akhmetov, des milliers d'ouvriers se sont réunis sur un terrain de foot au milieu des cheminées de l'immense complexe sidérurgique. « Les gens de la "République populaire de Donetsk" sont en train de transformer notre région en cauchemar. Si cela continue, dans deux jours notre usine va devoir fermer », a lancé sur une estrade un des responsables de l'usine. Les séparatistes prorusses ont, pour leur part, annoncé le début du processus de « nationalisation » des entreprises dans la région, notamment celles de Rinat Akhmetov.
Dans l'autre conflit, gazier celui-là, qui oppose Kiev à Moscou, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a annoncé qu'il rejetait l'exigence imposée par Moscou de prépaiement des livraisons. Moscou demande à Kiev de payer à l'avance pour ses livraisons de gaz à partir de juin et a menacé de couper les approvisionnements vers l'Ukraine dès le 3 juin si ce pays ne réglait pas sa facture pour ce mois, qui s'établit à 1,66 milliard de dollars, au risque de perturber les livraisons vers l'Union européenne comme pendant les « guerres du gaz » de 2006 et 2009.
(Source : AFP)

Les autorités ukrainiennes ont indiqué hier ne plus observer de mouvement des troupes russes juste de l'autre côté de leur frontière avec la Russie, relevant toutefois qu'elles ne peuvent confirmer leur retrait total.Selon les gardes-frontières ukrainiens, les soldats russes et leur matériel ont reculé d'au moins dix kilomètres de la frontière. « Nous n'observons aucune troupe russe à une distance proche de notre frontière, soit 10 kilomètres. Notre avion de reconnaissance a fait un vol de nuit, a parcouru 820 kilomètres de frontière et a analysé le territoire avec ses caméras thermiques », a déclaré Serguiï Astakhov, un haut responsable des gardes-frontières, soulignant qu'auparavant, les militaires russes faisaient parfois des incursions jusqu'à quelques centaines de mètres de la frontière. « À l'heure...
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