Le Nigeria s'est déclaré hier soir prêt à dialoguer avec Boko Haram pour assurer la libération des 223 lycéennes captives du groupe islamiste. « Le Nigeria a toujours été ouvert au dialogue avec les insurgés », a déclaré le ministre des Affaires spéciales Taminu Turaki, qui a dirigé l'année dernière un comité chargé de réfléchir à un programme d'amnistie avec Boko Haram. « Nous sommes prêts à discuter de tous les problèmes et les lycéennes enlevées à Chibok en font partie », a-t-il ajouté. Cette disposition déclarée au dialogue d'Abuja, après un refus lundi, est intervenue le jour où le commandant des forces armées américaines en Afrique (Africom) était dans la capitale fédérale pour s'entretenir avec les autorités nigérianes afin de retrouver les captives.
L'arrivée du général américain a également coïncidé avec la demande de prolongation de l'état d'urgence dans le nord-est du pays, formulée par le président nigérian Goodluck Jonathan à l'adresse du Sénat. Le gouvernement de l'État de Yobe s'est déclaré contre cette proposition. Une telle mesure « ne constitue pas la réponse adéquate aux défis sécuritaires actuels (...) étant donné l'échec apparent au cours des 12 derniers mois » de la politique du gouvernement, a indiqué Abdullahi Bego, porte-parole du gouverneur de l'État, Ibrahim Gaidam. « L'état d'urgence n'a pas été en mesure de bloquer l'insurrection de Boko Haram. En fait, la secte est devenue plus dangereuse et meurtrière (...). Le gouvernement ne devrait pas continuer de limiter la liberté de la population en prorogeant l'état d'urgence », a estimé en outre Dapo Thomas, expert politique de l'Université de l'État de Lagos.
Par ailleurs, l'ensemble des filles apparaissant dans la dernière vidéo diffusée lundi par Boko Haram font partie des 200 lycéennes enlevées, selon le gouverneur de l'État de Borno, où a eu lieu le rapt. « Toutes les filles de cette vidéo ont été identifiées comme étant des élèves du lycée public de Chibok », a déclaré Kashim Shettima aux manifestants du mouvement #bringbackourgirls, réunis devant son bureau à Abuja.
Pour leur part, les États-Unis ont annoncé que des avions espions américains survolent désormais le nord du Nigeria. « Nous avons partagé des images de satellites commerciaux avec les Nigérians et nous effectuons des vols (avec pilotes) d'espionnage, de surveillance et de reconnaissance au-dessus du Nigeria, avec la permission du gouvernement », a révélé un haut fonctionnaire américain. Face à l'émotion mondiale suscitée par ce rapt sans précédent, le gouvernement nigérian, pourtant traditionnellement rétif aux ingérences étrangères, a accepté l'aide internationale.
Sur le plan diplomatique enfin, à l'initiative du président français François Hollande, un sommet régional doit se tenir samedi à Paris pour aider le Nigeria et ses voisins à faire face au défi posé par Boko Haram. Ce sommet devrait rassembler, autour de M. Hollande, les dirigeants de cinq pays africains : le Nigeria, le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Bénin. Américains et Britanniques ont également été invités.
(Source : AFP)


