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Culture - Accrochage

La guerre et ses traces « physiques »

La galerie Ayyam* présente « Material Remains » (Traces physiques) jusqu'au 31 mai, une exposition réunissant des œuvres de la peintre et sculptrice Ginane Makki Bacho ainsi que celles de Fathallah Zamroud.

La ville d’acier de Ginane Makki Bacho résonne...

Une installation architecturale d'acier en douze parties, reproduisant la tour Murr, celle qui a été l'emblème de la guerre, et signée Ginane Makki Bacho, côtoie des toiles de style impressionniste moderne de Zamroud. Les deux témoignent de l'engagement de chaque artiste face à la réalité de la guerre. Comment représenter l'informulable et reproduire ce qu'on a voulu longtemps dissimuler et enfouir ? En conjuguant leurs sensibilités ainsi que leur parcours totalement dissemblable, les deux artistes allient tour moderne et camps de réfugiés.
Les toiles de Zamroud, avec leurs tonalités monochromes, leurs amples coups de pinceau et leurs lignes fluides appliquées en couches épaisses, mettent en évidence la pauvreté des camps de réfugiés syriens, tandis que les œuvres sculpturales de la ville d'acier de Makki Bacho forment un contraste saisissant. Pourtant les deux œuvres se répondent, prêtant ainsi à réflexion sur les méfaits de la guerre.
Ginane Makki Bacho (maîtrise en beaux-arts en gravure et peinture de l'Institut Pratt à New York et licence en beaux-arts de la Lebanese American University à Beyrouth) a pris comme axe central de son travail (photographique et sculptural) l'emblématique tour Murr, supposée devenir un grand centre commercial et qui est devenue un retranchement pour les combattants. Depuis deux ans que cette artiste mélange l'acier mixte, elle est parvenue à réaliser non une réplique de l'originale mais plusieurs qui s'imbriquent comme des poupées russes et résonnent comme des échos à cet appel au secours. Au secours de la mémoire. N'en est-il pas un ? Pour tout habitant de Beyrouth, aucune autre tour ne peut remplacer le symbolisme de celle-ci.
Fathallah Zamroud, peintre d'origine syro-libanaise (architecture d'intérieur à la Lebanese American University), a mis l'accent sur la temporalité de ces habitations devenues des tas d'immondices et de détritus. Pas de vie humaine dans ces camps, tout comme Makki Bacho et sa tour, comme si l'être humain avait laissé la place seulement à des traces matérielles et physiques.

*Galerie Ayyam (Beirut Tower, rue Zeitouné), tél. : 01/374449.
De lundi à vendredi de 10h à 20h et les samedis de 12h à 18 heures.

Une installation architecturale d'acier en douze parties, reproduisant la tour Murr, celle qui a été l'emblème de la guerre, et signée Ginane Makki Bacho, côtoie des toiles de style impressionniste moderne de Zamroud. Les deux témoignent de l'engagement de chaque artiste face à la réalité de la guerre. Comment représenter l'informulable et reproduire ce qu'on a voulu longtemps dissimuler et enfouir ? En conjuguant leurs sensibilités ainsi que leur parcours totalement dissemblable, les deux artistes allient tour moderne et camps de réfugiés.Les toiles de Zamroud, avec leurs tonalités monochromes, leurs amples coups de pinceau et leurs lignes fluides appliquées en couches épaisses, mettent en évidence la pauvreté des camps de réfugiés syriens, tandis que les œuvres sculpturales de la ville d'acier de Makki Bacho...
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