La demande de conclusion d'une alliance militaire, politique et économique, formulée par certains députés au cours de la séance secrète de la Chambre libanaise, a produit un profond retentissement dans les milieux politiques du Liban et de l'étranger.
La haute signification de cette tendance n'a pas manqué d'être relevée et les milieux intéressés ont déployé des efforts considérables pour obtenir de plus amples renseignements.
Selon certaines sources, c'est M. Joseph Chader qui aurait, le premier, ouvert le débat, en demandant la conclusion d'un traité avec les puissances occidentales, garantissant les frontières du Liban contre toute agression. M. Chader aurait longuement développé son point de vue (...)
Quant à la déclaration de M. Émile Boustany, deux versions différentes en ont été données. Selon l'une, le député du Chouf aurait demandé la garantie des Trois (les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne). Selon l'autre version, M. Boustany aurait affirmé que l'intérêt des Arabes réside dans la conclusion d'un traité avec la Grande-Bretagne (...) M. Boustany aurait ajouté que la signature d'un traité entre le Liban et la Grande-Bretagne résoudrait la plupart des difficultés des pays arabes, en ouvrant la voie à une alliance anglo-arabe.
De son côté, M. Ahmad el-Assaad aurait souligné la nécessité, pour les pays arabes, de suivre une politique nette. Sans préciser son idée, le seigneur de Taybé aurait laissé entendre qu'il préférait une alliance avec les USA.
M. Pierre Eddé se serait contenté d'énoncer des principes généraux, sans opter nettement pour une alliance quelconque.
C'est M. Kamal Joumblatt qui s'est élevé contre le principe même d'une alliance avec les pays étrangers (...) « Toute alliance avec les grandes puissances, occidentales ou orientales, a-t-il ajouté, ne répondrait pas au désir du peuple. »

