Le Conseil de sécurité de l'ONU, qui s'est réuni hier en consultation pour entendre l'exposé de Robert Serry, coordonnateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, a dressé hier un constat d'échec, le processus de paix au Moyen-Orient se trouvant dans une phase critique.
« Le Conseil se réunira aujourd'hui (mercredi) pour discuter de la situation en Syrie et discutera du Liban la semaine prochaine », a indiqué Robert Serry.
Dans son allocution au Conseil, le représentant de la France auprès de l'ONU, Gérard Araud, a envoyé un message clair de soutien au Liban « qui continue de faire face à la crise syrienne ». « La France salue la générosité du Liban et souligne la charge que représente l'accueil de plus d'un million de réfugiés. Elle rappelle par ailleurs que les atteintes à la paix civile au Liban comme à sa souveraineté ne sont pas acceptables », a-t-il déclaré. « Le Liban ne doit pas se trouver entraîné dans l'engrenage de la crise syrienne. Nous rappelons également l'importance de la lutte contre l'impunité et saluons à cet égard le rôle du TSL », a-t-il ajouté.
L'ambassadeur de France n'a pas manqué de « féliciter » le gouvernement d'union nationale formé le 15 février dernier, qui a obtenu la confiance du Parlement et repris son activité. « Nous saluons cette dynamique de relance des institutions, qui doit être poursuivie et consolidée afin que le Liban puisse faire face aux immenses défis auxquels il est confronté », a-t-il ponctué. Et de préciser : « Dans ce contexte, il est crucial que le Conseil réitère son soutien à la stabilité, la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban : en appelant à ce que les élections présidentielles se déroulent selon le calendrier prévu, dans le respect des procédures et de la Constitution, et en rappelant l'importance d'éviter tout vide à la tête de l'État ; en soutenant la politique de dissociation initiée par le président Sleiman et qui doit constituer un cadre dans l'avenir ; en appelant la communauté internationale à se mobiliser aux côtés du Liban qui ne pourra faire face seul à la crise qu'il traverse. »
Le représentant de la France a poursuivi que « la réunion du Groupe de soutien international au Liban (GIS) à Paris le 5 mars a permis de réaffirmer le consensus international en faveur de l'unité, de la stabilité et de la souveraineté du Liban, et de lui réaffirmer son soutien face aux multiples répercussions du conflit de la Syrie, et cet engagement doit être poursuivi aux niveaux humanitaires, économiques et sécuritaires ».
Préoccupations américaines
En ce qui concerne le Liban, dans son allocution, la représentante des États-Unis auprès de l'ONU, Samantha Power, a indiqué que « son gouvernement reste préoccupé par la situation sécuritaire fragile, y compris les tensions le long de la ligne bleue, des violations répétées transfrontalières par la Syrie, la violence sectaire en cours et les provocations du Hezbollah, telles que l'attaque du mois dernier contre des soldats israéliens dans la région des fermes de Chebaa ».
Samantha Power a déclaré que les États-Unis appellent au calme tout en espérant que toutes les parties s'abstiennent de toute violence et adhèrent à la politique de dissociation de la déclaration de Baabda. « Nous exhortons par ailleurs instamment la mise en œuvre intégrale de toutes les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, y compris les résolutions 1559 et 1701, qui exigent le désarmement des milices », a-t-elle indiqué.
La représentante américaine a également invité les dirigeants libanais à « relever le défi en travaillant ensemble pour relever les défis sécuritaires et les problèmes humanitaires auxquels le Liban se trouve confronté ». Ce défi est « exacerbé » par les besoins d'accueillir plus d'un million de réfugiés syriens, a-t-elle noté. « En tant que membre du Groupe international de soutien pour le Liban, nous exhortons la communauté internationale à répondre à cette importante crise humanitaire en fournissant un soutien financier robuste à travers les divers mécanismes de financement qui sont disponibles », a ajouté Mme Power.
Concernant la relance du processus de sélection présidentielle du 25 mai, elle a indiqué que c'est « une affaire libanaise qui devrait être déterminée uniquement par le Liban libre de toute ingérence extérieure. Les élections présidentielles et législatives doivent être menées d'une manière libre, équitable et en temps opportun », a-t-elle laissé entendre.
Caroline Ziadé
C'est avec brio et élégance que le mot du Liban a été prononcé par la chargée d'affaires p.i. du Liban, Caroline Ziadé. « Le gouvernement d'intérêt national a réitéré son respect pour toutes les résolutions de l'ONU et a réaffirmé son engagement pour la mise en œuvre de la résolution 1701 et son appel à la communauté internationale à mettre un terme aux violations israéliennes », a-t-elle rappelé. Caroline Ziadé a mis en exergue les trois priorités du gouvernement libanais, à savoir : préserver la souveraineté de l'État, assurer la stabilité du pays et garantir la sécurité. Elle a annoncé « avec fierté » que l'armée libanaise a commencé la mise en œuvre des plans de sécurité à Tripoli et dans la Békaa, et a pris les mesures nécessaires pour freiner les menaces d'attaques terroristes.
Elle a en outre rappelé que le gouvernement libanais est déterminé à accélérer la mise en application d'une feuille de route pour atténuer l'impact socio-économique de la crise syrienne sur le pays. Cette feuille de route est basée sur une étude d'évaluation préparée conjointement avec la Banque mondiale. Évoquant le dossier des réfugiés syriens au Liban, elle a indiqué que le nombre des réfugiés enregistrés avec le UNHCR est de 1 024 000. Tout effort de soutien doit être poursuivi, a-t-elle indiqué. À cet égard, le Liban exprime « sa profonde appréciation au gouvernement français pour avoir accueilli le Groupe international de soutien le 5 mars dernier à Paris » et « félicite » les membres de ce groupe pour leur engagement indéfectible, a poursuivi Mme Ziadé. « Le Liban attend également avec intérêt la conférence de Rome en ce qui concerne l'armée libanaise et considère que la généreuse contribution du royaume d'Arabie saoudite est une pierre angulaire dans cette entreprise. En outre, mon pays attache une grande importance aux contributions des multidonateurs au fonds d'affectation spéciale. Ce sont là les premières graines de l'aide financière pour répondre à l'urgente nécessité d'une plus grande aide... À cet égard, le Liban lance un appel à des contributions plus généreuses », a conclu Caroline Ziadé.
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20 h 16, le 30 avril 2014