Miné par des ennuis de santé, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a prêté serment hier. Ramzi Boudina/Reuters
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, réélu le 17 avril pour un quatrième mandat malgré ses ennuis de santé, a prêté serment hier.
Tassé dans un fauteuil roulant comme lors de l'élection présidentielle, la main droite sur le Coran, il a répété d'une voix faible un texte d'une dizaine de lignes lu par le président de la Cour suprême, Slimane Boudi. Devant les hauts cadres de la nation, les diplomates en poste à Alger et de nombreux invités, dont des artistes, M. Bouteflika, vêtu d'un costume trois pièces bleu et d'une cravate rouge, a ensuite lu une brève allocution en buttant sur les mots. Réélu avec 81 % des voix, il a « remercié les électeurs pour leur soutien », se félicitant que « le 17 avril (ait été) jour de démocratie et de fête pour l'Algérie ». Il a en outre rendu hommage à la police, aux militaires, aux fonctionnaires et observateurs qui ont « permis le bon déroulement de l'élection » ainsi qu'aux autres candidats à la présidentielle, dont il était dès le début donné grand favori.
Artisan de la réconciliation nationale après une décennie de guerre civile, M. Bouteflika a affirmé hier vouloir poursuivre cette œuvre. Dans une déclaration écrite distribuée à la presse, il a ainsi souligné que la réconciliation nationale restait « sa priorité ». « En même temps, la loi sanctionnera tout acte terroriste contre la sécurité des citoyens et des biens », a-t-il averti. M. Bouteflika a également confirmé une prochaine révision de la Constitution en vue d'une séparation des pouvoirs et d'une indépendance de la justice. Sur le plan économique, le président a promis « l'avènement d'une économie diversifiée », dans un pays où les hydrocarbures représentent 96 % des exportations et 40 % du PIB.
Sellal nommé Premier ministre
Quelques heures après sa prestation de serment, le chef de l'État a nommé Abdelmalek Sellal, son directeur de campagne et l'un de ses plus fidèles soutiens, au poste de Premier ministre. M. Sellal avait déjà occupé cette fonction de septembre 2012 à mars 2014, avant de démissionner pour diriger la campagne électorale de M. Bouteflika. Déjà directeur de campagne de M. Bouteflika lors de la présidentielle de 2004 et 2009, M. Sellal a sillonné le pays alors qu'il était Premier ministre pour défendre le programme du président, victime il y a quasiment un an jour pour jour d'un AVC qui avait conduit à son hospitalisation en France pendant près de trois mois. Depuis l'arrivée de M. Bouteflika au pouvoir en 1999, cet homme, connu pour son franc-parler et son sens de l'humour, est le seul Premier ministre à avoir communiqué sur des sujets « sensibles » comme la santé du président et occupé le terrain médiatique.
La cérémonie de prestation de serment a sans surprise été boudée par l'opposition qui avait appelé à boycotter le scrutin du 17 avril, marqué par une participation de seulement la moitié des électeurs. Parmi les absences remarquées, celle de son adversaire malheureux Ali Benflis, qui a recueilli 12 % des voix et refusé de reconnaître la victoire de M. Bouteflika qu'il juge entachée d'une « fraude » à grande échelle.
(Source : AFP)

