Depuis la dernière baisse du taux en novembre 2013, la BCE a justifié son inaction en citant ses prévisions d'inflation. Elle anticipe ainsi une inflation stable à un faible niveau en 2014 puis une lente remontée vers sa cible en 2016. De novembre à février, l'inflation s'est effectivement stabilisée oscillant entre 0,7 % et 0,8 % avant de chuter brutalement à 0,5 % en mars. En contredisant ces prévisions, ce résultat a fortement augmenté la pression sur les banquiers centraux européens. Leur réponse, jusque-là, a été en large partie rhétorique, avertissant que le taux de change était mis sous surveillance, ouvrant la porte à des taux négatifs, voire à un hypothétique QE... Une autre raison de leur inaction tient aussi au fait que la baisse d'inflation est un artefact lié à la date tardive de Pâques. Dans le communiqué de sa dernière réunion, la BCE n'a pas hésité à prévoir un rebond de l'inflation dès avril, ce que fait aussi le consensus qui attend un chiffre en hausse à 0,8 %. Ce développement permettrait à la BCE d'attendre sa réunion de juin et ses nouvelles prévisions économiques pour faire un geste, probablement via une ultime baisse de son taux directeur. Mais si le rebond attendu ne se produit pas, ce geste pourrait être fait dès la prochaine réunion le 8 mai.


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