Menottes aux poignets, Haroutioun Kalajian, le complice de l’exécuteur, à l’issue de la reconstitution.
Hier matin, rue Clemenceau, le président de la Cour criminelle de Beyrouth, M. Gabriel Meouchy, ses assesseurs, MM. Hassan Kawas et Labib Zouein, ainsi que le procureur général, M. Mounif Hamdane, ont procédé à la reconstitution du vitriolage dont a été victime Mme Antoine Boutros, née Christiane de Morny, affaire dans laquelle sont impliqués le colonel à la retraite Mansour Lahoud et Haroutioun Kalajian.
Ce dernier, qui était sous la surveillance sévère des agents de l'ordre, s'est prêté à la reconstitution en détail des principaux faits qui avaient précédé et suivi le vitriolage. Il a montré le lieu où il se tenait au moment où il est intervenu, facilitant ainsi la fuite de l'auteur du vitriolage qu'il n'avait, a-t-il affirmé, jamais rencontré avant le crime.
Mme Boutros a déclaré pour sa part qu'au moment où elle s'apprêtait à s'engouffrer dans sa voiture, garée à proximité de sa boutique de prêt-à-porter « Bleu Marine », un individu s'est approché et lui a lancé au visage l'acide, qui devait lui causer des brûlures graves (...)
La Cour a entendu également la déposition de l'homme qui avait tenté d'arrêter l'auteur du vitriolage : Nadim Nassif a révélé qu'au moment où il passait rue Clemenceau, il avait entendu crier Mme Boutros (...) Il s'est lancé à la poursuite de l'auteur de l'opération qui avait emprunté la rue menant à Hamra et a appréhendé l'intéressé. Il a précisé toutefois qu'il avait relâché l'homme à la suite de l'intervention de Haroutioun Kalajian qui aurait proféré des menaces de mort, se faisant passer pour un agent de la Sûreté (...)
La Cour avait auparavant tenu une audience consacrée à l'audition des témoins. Appelé à la barre, le colonel Nasr, de la Sûreté générale, a indiqué qu'il avait remis à M. Antoine Boutros un enregistreur de petite dimension dans le dessein de capter une éventuelle conversation téléphonique entre son épouse et le colonel Lahoud (...).

