La justice sud-soudanaise a libéré hier, à la demande du gouvernement, quatre ex-dignitaires du régime, proches de l'ancien vice-président Riek Machar qui a pris mi-décembre la tête d'une rébellion, jusqu'ici accusés de tentative de coup d'État. « Considérant la requête (du ministre de la Justice), la Cour (...) ordonne l'arrêt de la procédure criminelle contre les accusés », a déclaré le juge présidant l'audience à Juba. Les quatre hommes sont sortis du tribunal sous les acclamations de leurs partisans, qui les ont portés en triomphe.
« J'ai fait arrêter cette procédure (...) pour l'intérêt de la paix », a déclaré le président Salva Kiir, leur libération « est le prix de la paix (...) même si nous les avions pendus, cela n'aurait pas contrebalancé la mort de ceux tués » dans le conflit qui ensanglante le pays depuis mi-décembre. Le chef de l'État a appelé les accusés libérés à « coopérer » en vue de la réconciliation, précisant qu'ils ne devaient pas quitter le pays et que la procédure judiciaire n'était pas définitivement annulée et pouvait être relancée.
L'ex-secrétaire général du SPLM (parti au pouvoir) Pagan Amum, l'ex-ministre de la Sécurité nationale Oyai Deng Ajak, l'ex-ambassadeur à Washington Ezekiel Lol Gatkuoh et l'ancien vice-ministre de la Défense Majak D'Agoot avaient été arrêtés mi-décembre, aux premières heures des combats entre troupes rivales au sein de l'armée sud-soudanaise, élément déclencheur du conflit en cours. Le chef de l'État avait alors accusé M. Machar de tentative de coup d'État et fait arrêter une dizaine de ses proches. L'ex-vice-président avait nié, accusant M. Kiir d'avoir voulu se débarrasser de ses rivaux au sein du régime issu de la guérilla qui a combattu Khartoum entre 1983 et 2005 avant de déboucher sur l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011.
Le procès pour tentative de coup d'État des quatre hommes s'était ouvert en mars et, selon un observateur à Juba, avait laissé apparaître peu d'éléments à charge. « Il est désormais confirmé que nous avons été emprisonnés sans raison. Il faut désormais ramener la paix et la stabilité au Soudan du Sud. Maintenant que nous sommes libres, nous allons consacrer notre temps à travailler pour la paix et discuter tant avec le gouvernement que (...) l'opposition pour mettre fin à cette guerre insensée », a déclaré Pagan Amum.
Le tribunal a également levé les poursuites contre sept autres figures politiques, arrêtées également mi-décembre, qui avaient été libérées et remises au Kenya fin janvier en vertu d'un accord signé en marge du cessez-le-feu conclu le 23 janvier à Addis-Abeba, mais jamais respecté. Les poursuites sont en revanche maintenues contre M. Machar et deux de ses partisans, Taban Deng Gai, ex-gouverneur de l'État pétrolier d'Unité, et Alfred Lado Gore, ex-ministre de l'Environnement, ancien conseiller du président Salva Kiir et figure historique de la lutte d'indépendance contre Khartoum, tous en fuite.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine