Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Irak

L’eau, nouvelle arme des insurgés d’al-Anbar

En s'emparant du barrage de Falloujah, Daech fait la loi sur l'Euphrate.

Des bateliers sont obligés de tirer leurs canots à la main sur le lit de l’Euphrate presque asséché par la fermeture des vannes du barrage de Falloujah par les jihadistes de Daech. Mohammad Sawaf/AFP

Les insurgés irakiens qui tiennent Falloujah, dans la province d'al-Anbar, ont ajouté une nouvelle arme à leur arsenal : un barrage sur l'Euphrate qui peut leur permettre d'inonder certains secteurs et empêcher les forces gouvernementales de progresser. Le barrage de Falloujah, qui sert à l'irrigation des terres alentour et à l'adduction d'eau à destination des populations locales, est situé à cinq kilomètres au sud de la ville dont se sont emparés au début de l'année des insurgés mêlant forces tribales antigouvernementales et jihadistes, dont certains appartiennent à Daech (l'État islamique en Irak et au Levant, lié à el-Qaëda). La ville est depuis lors encerclée par les forces irakiennes et régulièrement bombardée.
Mais cela n'a pas empêché des combattants de Daech de pousser leur avantage en février pour prendre le secteur du barrage. D'après des sources tribales locales, ils ont entrepris de sécuriser la structure, désormais protégée par des sacs de sable et des murs de béton anti-explosion. De même source, on ajoute que les jihadistes de Daech ont fermé il y a une semaine huit des dix vannes de l'ouvrage, inondant les terres situées en amont et réduisant en aval le débit du fleuve qui traverse les provinces méridionales de l'Irak et alimente des structures hydroélectriques avant de se jeter dans le Golfe. L'objectif, ajoute-t-on, était de contraindre les forces gouvernementales à battre en retraite devant la montée des eaux et de lever le siège de la ville.
« Se servir de l'eau comme d'une arme et assoiffer les populations constitue un crime abominable », a dénoncé Oun Dhiyab, conseiller au ministère de l'Eau. « Fermer le barrage et jouer avec les eaux de l'Euphrate auront de sinistres conséquences », ajoute-t-il. Jeudi, cinq vannes ont été rouvertes. Il semblerait que Daech se soit rendu compte que ses propres bastions étaient menacés par l'inondation. Dans son allocution télévisée hebdomadaire, le Premier ministre Nouri al-Maliki, qui s'abstient pour l'instant de déclencher une offensive totale sur Falloujah, a promis des représailles. Deux officiers de l'armée irakienne ont ainsi confirmé que des préparatifs étaient en cours pour reprendre le barrage de Falloujah.

Contraints au retour
Par ailleurs, des centaines de familles d'al-Anbar ayant trouvé refuge dans un site de villégiature du Kurdistan se verraient contraintes à rentrer chez elles avec l'arrivée de la saison touristique. Depuis janvier, ces milliers de personnes ont choisi de s'installer à Chaqlawa, une ville située à 1 000 mètres d'altitude et offrant ainsi une fraîcheur très appréciée à l'arrivée des grandes chaleurs. En hiver, nombre de chambres étaient libres et à des prix abordables, mais avec le début fin avril de la saison touristique, les tarifs montent en flèche alors que, dans le même temps, les déplacés voient leurs économies fondre.
Selon les autorités, parmi les 400 000 personnes ayant fui les combats à al-Anbar, 10 000 familles ont trouvé refuge dans la province autonome du Kurdistan, qui jouit d'une relative sécurité dans un pays confronté à ses pires violences depuis cinq ans. Ceux qui se sont installés dans le reste du pays sont logés dans des camps de réfugiés, des habitations qu'ils louent ou encore chez des parents. Le gouvernement central n'a pas établi de camps de déplacés au Kurdistan, mais il a donné aux habitants d'al-Anbar qui se sont faits enregistrer une allocation de 250 dollars par famille, ainsi que des couvertures et de la nourriture de base.
Contrairement aux Kurdes réfugiés de Syrie voisine et accueillis dans des camps, les habitants d'al-Anbar sont dispersés, ce qui complique l'organisation de l'aide, explique Alia al-Bazzaz, représentante à Erbil du ministre des Émigrés et des Personnes déplacées. Et la majorité des déplacés ne parlant pas le kurde, ils peinent à trouver un emploi pour reconstituer leurs économies, note-t-elle.

(Sources : agences)

Les insurgés irakiens qui tiennent Falloujah, dans la province d'al-Anbar, ont ajouté une nouvelle arme à leur arsenal : un barrage sur l'Euphrate qui peut leur permettre d'inonder certains secteurs et empêcher les forces gouvernementales de progresser. Le barrage de Falloujah, qui sert à l'irrigation des terres alentour et à l'adduction d'eau à destination des populations locales, est situé à cinq kilomètres au sud de la ville dont se sont emparés au début de l'année des insurgés mêlant forces tribales antigouvernementales et jihadistes, dont certains appartiennent à Daech (l'État islamique en Irak et au Levant, lié à el-Qaëda). La ville est depuis lors encerclée par les forces irakiennes et régulièrement bombardée.Mais cela n'a pas empêché des combattants de Daech de pousser leur avantage en février pour...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut