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Culture

Rire de tout cœur pour Philippe

Solidarité

L'humoriste Yass est revenu faire son show à Beyrouth, pour la deuxième année consécutive. Un show au profit de l'association Un Cœur Pour Philippe qui a embrassé, il y a plus de trois ans, la cause de l'insuffisance cardiaque.

12/04/2014

Un Chinois délirant, un comédien coincé entre deux cultures, un Camerounais qui ne mâche pas ses mots et des danseurs créatifs et maîtres de leur art : tel est le singulier attroupement avec lequel est revenu le comédien Yass pour se produire à Beyrouth en cette fin de semaine. Et s'il a promis « rire et délire » au public du théâtre Monnot jeudi, en début de soirée, l'humoriste franco-sénégalo-libanais n'a pas manqué à ses promesses. Pendant plus de 15 minutes, Yass et ses « Doff du rire » ont en effet présenté un généreux spectacle à l'humour délirant, et qui n'ennuie pas une seconde. Un spectacle intitulé Rire de bon cœur empreint de générosité, mais aussi d'humanité, les fonds collectés servant à financer l'action humanitaire de l'association Un Cœur Pour Philippe, qui organise cet événement avec le comédien Yass pour la deuxième année consécutive.
Devant une audience hilare et charmée et dans une ambiance très conviviale, les Doff du rire se sont succédé sur scène pour présenter leurs stand-up, forts d'un mélange culturel bien dosé, alliant les cultures arabe, asiatique, européenne et africaine. C'est d'ailleurs sur ces contrastes que les comédiens ont joué, à travers leurs vannes très réussies, pour amuser le public qui a passé un agréable moment. Exprimant plus d'une fois sa joie d'être de retour à Beyrouth, le comédien, producteur de spectacles, a tenu à offrir son show à Philippe, « Pipo, qui nous suit de là-haut », avant d'enchaîner avec une critique des Libanais à l'aéroport, des chauffeurs de taxi et des Arabes « à qui Dieu a donné un cerveau et un sexe, mais pas suffisamment de sang pour irriguer les deux ». Confisquant des téléphones dans la salle, « parce que je ne suis pas un DVD », et écorchant gentiment les personnes assises aux premiers rangs, dont le père Salim Daccache, recteur de l'USJ, c'est avec un thème assez épineux, le divorce, que Yass a suscité émotion et rire, par ses réflexions cocasses souvent ponctuées de mots en arabe.
C'est ensuite Bun Hay Mean, ou Chinois Marrant, qui a fait une entrée sur scène en trombe, quasi hystérique, pour présenter un stand-up critiquant les juifs, les Chinois, les Marocains, les Algériens, et les chats, « ces êtres intouchables qui sont les juifs des animaux » et qu'il accuse de toutes les manigances. Un des moments forts du spectacle, aussitôt suivi par la prestation du Camerounais Valéry Ndongo, qui s'est adonné à une comparaison entre Noirs et Blancs, se moquant au passage de l'équipe de foot libanaise « que l'équipe camerounaise ne vaincra jamais... puisqu'elle ne sera jamais qualifiée nulle part ! ». De son côté, Foudil Kaibou, Franco-arabe, s'est livré à un exposé de l'âge d'or de la civilisation arabe (« parce qu'il y en avait une ! ») et des moyens à suivre pour s'intégrer en tant qu'Arabe dans la société française, dénonçant les clichés lors d'un stand-up bluffant particulièrement apprécié du public, avant que Yass ne rende un bref hommage à sa mère, décédée, et qui estimait qu' « il ne faut pas attendre que les orages passent, mais qu'il faut savoir danser sous la pluie ». Le spectacle a été clôturé par le show des Mecs de rue, qui ont présenté pendant plus de 20 minutes un numéro de street dance ingénieusement cousu, sur des parodies de films, de musiques et de shows télévisés, et exécuté avec brio.

Quand le rire sauve des vies...
Si le spectacle Rire de bon cœur est organisé par Un Cœur Pour Philippe (UCPP) pour la deuxième année consécutive, l'association a déjà soutenu, en trois ans, 9 malades souffrant d'insuffisance cardiaque terminale, le dernier en date ayant été opéré en mars 2014. Précédant la représentation de Yass et de ses compères, un court-métrage a été projeté pour relater l'histoire de Daniel, un commerçant de 54 ans qui a retrouvé une vie normale après avoir souffert de problèmes cardiaques pendant de nombreuses années, soutenu par l'association qui a contribué au paiement de l'opération d'installation de son cœur artificiel. « Cela fait déjà trois ans que l'UCPP a embrassé la cause de l'insuffisance cardiaque en mémoire de Philippe el-Hage, mon fils, mort à 25 ans, dans l'espoir d'une vie meilleure », a pour sa part confié avec émotion notre collaboratrice Anne-Marie el-Hage, présidente de l'association, avant le show. « Avant son décès, il a pleuré de joie en constatant le merveilleux élan de solidarité qui s'était créé en quelques jours pour tenter de lui sauver la vie », a-t-elle ajouté. Expliquant qu'un cœur artificiel coûte entre 90 000 et 100 000 euros, sans compter les frais d'hospitalisation, Anne-Marie el-Hage a estimé que les défis de l'association sont immenses et que « vos contributions permettront de sauver des vies ».
Une cause humanitaire à ne pas oublier, et un message à garder en tête ce week-end, quand on peut joindre l'utile, le rire et le délire à l'agréable. Car après deux représentations réussies jeudi et hier vendredi, le show Rire de bon cœur se poursuit encore ce soir et demain, au théâtre Monnot, et c'est à ne pas rater !

*Derniers billets en vente au Virgin Ticketing Box Office ou auprès de l'association. Infos au 03/271123.

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