Relancé en juillet dernier après avoir été mis en veilleuse trois ans durant, l'interminable et stérile processus de paix palestino-israélien risque fort d'entrer dans une phase de mort même pas assistée, John Kerry menaçant de procéder à « une réévaluation pour savoir si cela vaut la peine de continuer ». Le secrétaire d'État paraît découragé, et on comprend qu'il le soit. Alors qu'il venait de reprendre son bâton de pèlerin, il vient d'assister, témoin impuissant, à une nouvelle phase de l'interminable psychodrame qui se joue depuis des dizaines d'années. À la décision de Benjamin Netanyahu, prise au tout dernier instant, de ne pas relâcher comme il l'avait promis un dernier groupe de 26 prisonniers, l'Autorité a riposté en demandant d'adhérer à quinze conventions et traités internationaux. La démarche équivaut dans la pratique à une nouvelle étape sur la voie de la reconnaissance par les Nations unies, entamée en octobre 2011 quand la Palestine était devenue membre à part entière de l'Unesco, puis en novembre de l'année suivante État observateur non membre de l'ONU.
Depuis le week-end dernier, le Premier ministre israélien ne décolère pas et menace de ses foudres l'impertinent qui a osé s'adresser à l'organisation internationale. Au nombre des mesures « unilatérales » brandies figurent la suspension de l'autorisation accordée à l'opérateur de téléphonie mobile Watania de développer son réseau dans la bande de Gaza, un nouveau train de restrictions en Cisjordanie et même l'échec à terme du processus en cours. L'actuel occupant du département d'État détient le record du nombre d'allers-retours dans la région, le record des échecs aussi. Aujourd'hui, sans aller jusqu'à s'avouer disposé à renoncer à sa mission, il constate : « Il y a des limites au temps et aux efforts que nous pouvons consacrer à ce dossier alors même que les parties concernées ne veulent pas faire un pas dans la bonne direction. » Pourtant, à écouter les porte-parole des deux adversaires, les rapports entre Palestiniens et Israéliens baignent dans une atmosphère de lune de miel, ou presque. La rencontre de dimanche soir, tenue en présence de l'émissaire US, l'ancien ambassadeur à Tel-Aviv Martin Indyk ? Elle a été « constructive et sérieuse », a affirmé sans rire un responsable américain. Louable optimisme, que justifieraient des résultats autrement plus probants. Les faits, eux, en disent long sur la détérioration des rapports, ces derniers temps. Ainsi, Abbas n'avait pas informé Kerry de la démarche qu'il allait entreprendre auprès de la Maison de Verre, pas plus que Netanyahu n'avait évoqué avec celui-ci le refus de libérer les prisonniers palestiniens. Tout cela, sur fond d'appel d'offres pour la construction de 700 logements dans la colonie de Gilo, à Jérusalem-Est. Ambiance...
Au petit jeu du « je te tiens, tu me tiens par la barbichette », il est impossible de savoir lequel des deux compères demandera l'aman le premier. Malgré ses tartarinades – et celles de son ministre des Affaires
étrangères –, Netanyahu hésite encore à prendre de réelles sanctions qui auraient un effet boomerang. D'un autre côté, l'initiative palestinienne auprès des Nations unies ne revêt qu'une importance modeste. Dans un de ces accès de franchise dont elle est coutumière, la ministre de la Justice, Tzipi Livni, a reconnu à la télévision que « ces derniers mois, nous les avons passés à négocier avec l'Amérique bien plus qu'avec les Palestiniens ». La leçon qu'elle tire de cette curieuse expérience : « D'accord pour un rôle de Washington, à condition que ce soit celui de facilitateur. »
Au fait, on pourrait envisager une réédition de l'exploit jadis réussi par Clinton et voir en son lointain successeur un catalyseur susceptible de tirer le chariot hors de l'ornière, ou à tout le moins de le sortir du cercle vicieux dans lequel l'a enfermé l'impossible alternative : reconnaissance d'Israël en tant qu'État juif / arrêt de l'aménagement de colonies de peuplement dans les territoires occupés. Dans les prisons – il conviendrait sans doute de le rappeler au plus faucon des dirigeants israéliens, le ministre du Logement Uri Ariel (du parti nationaliste religieux Habayit Hayehoudi – La Maison juive) –, croupissent quelque 5 000 prisonniers palestiniens dont la libération par petites grappes nécessiterait, au rythme acutuel, de longs mois, d'interminables années peut-être, de pourparlers ardus. C'est sans doute cela que recherchent Benjamin Netanyahu et les siens.
« Si nous venons à nous désengager, c'est le vide qui s'installerait », vient de pronostiquer Condoleezza Rice, en parlant de la crise avec la Russie à propos de l'Ukraine. On n'ose penser à ce qui remplacerait l'Amérique au Proche-Orient.
Moyen Orient et Monde - Le Point
L’impossible alternative
OLJ / Par Christian Merville, le 08 avril 2014 à 00h36


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
ON N'OSE PENSER A QUI REMPLACERAIT L'AMÉRIQUE AU PROCHE ORIENT ? QU'EST-CE QUE C'EST QUE çA ? Où EST-CE QU'IL REMPLIT LE MASTODONTE, AVEC SES ÉLÉPHANTEAUX, QUELQUE RÔLE, QUELQUE PLACE, QUELQUE PART DANS LE MONDE SANS AVOIR FOUTU LA PAGAILLE ? LE PACHYDERME EST VIEILLI ET MALADE. IL A PERDU SES DEUX DONTES... L'UNE EN SYRIE ET L'AUTRE EN UKRAINE... SA TROMPE NE POMPE PLUS APRÈS L'IRAQ ET L'AFGHANISTAN... ET SA QUEUE EST RAMASSÉE ENTRE SES DEUX JAMBES, EN TERRE SAINTE... ON NE SERAIT PRESQUE PAS SURPRIS UN JOUR DE LE VOIR USER DU HEZB COMME BABA3, AVEC ET SOUS SA BÉNÉDICTION, POUR CORNER LE BOBO OU LE BIBI...
18 h 23, le 08 avril 2014