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Culture - Table Ronde

Catherine David à l’ALBA pour évoquer Aref Rayess

Récemment nommée conservatrice du Musée national d'art moderne au Centre Georges Pompidou, Catherine David a été invitée à l'ALBA par l'ARP (Artistic Research Practices) pour y animer un débat sur l'artiste-peintre libanais Aref Rayess (1928-2005) et les années 1960 et 1970.

Une vue de la rencontre.

L'ARP est un programme d'études et de recherches sur l'art contemporain mis en place lors de la rentrée universitaire 2012-2013 par l'artiste Paola Yacoub.
Au cours de cette table ronde, Catherine David a, à son tour, invité Joe Tarrab (critique d'art), Amal Traboulsi (Épreuve d'artiste) et Gregory Buchakjian (historien de l'art, enseignant à l'ALBA) pour prendre part à la discussion sur Rayess et les années 60 et 70, période de sa maturité
artistique.
Tarrab a commencé par préciser que pour comprendre la production artistique de cette période, il fallait avoir compris et assimilé certains développements remontant à la décennie précédente, celle des années 50. Parallèlement à l'émergence d'un «café culture» et au rôle prééminent que gagnait Beyrouth comme capitale régionale tant au plan politique qu'économique, naissait, selon Tarrab, une relation étroite entre la collection d'œuvres d'art et l'apparition d'une architecture moderne dans la ville. Hamra a été le quartier-berceau et phare de ces développements. De nouveaux appartements étaient alors décorés avec des œuvres d'art modernes, par des décorateurs souvent issus de l'ALBA, alors qu'auparavant, sur les murs intérieurs, étaient accrochés des œuvres religieuses et des portraits d'ancêtres. Une scène artistique nouvelle, avec pour socle des collectionneurs locaux, se mettait en place.
Pour sa part, Amal Traboulsi a évoqué sa galerie, Épreuve d'artiste, ouverte en 1979 et qui compte dans son fonds des œuvres de Aref Rayess. Selon la galeriste, les œuvres d'art étaient plus abordables et les collectionneurs moins mercantiles. La galerie est restée ouverte durant les années de guerre. Sa décision de fermer boutique a coïncidé avec l'essor de l'art postconceptuel au Liban et des modifications ultérieures qui ont eu lieu dans les modes de fonctionnement des galeries locales et
régionales.
Catherine David, elle, a souligné qu'au-delà des ruptures importantes provoquées par la guerre de 1975, il y a aussi une continuité qui ne doit pas être oubliée. Le fait que les Libanais n'aient plus pu discuter, parler d'art et de politique dans les cafés ne veut absolument pas dire qu'ils aient pour autant arrêté de réfléchir, de produire, d'exposer leurs travaux et d'en discuter. Cet «âge d'or» se doit donc de se perpétuer.
Durant trois jours, Catherine David a mené un workshop à l'ALBA – une collaboration entre l'ARP et l'École des arts visuels. C'est en parcourant l'important patrimoine artistique expérimental, légué par cet artiste compulsif qu'est Aref Rayess, que les étudiants se sont vu offrir l'opportunité de comprendre comment l'histoire de l'art s'est écrite.
Tout au long de cette rencontre, les travaux de l'artiste, peu présents dans la mémoire collective, ont été ressuscités par un historien de l'art, par Joe Tarrab, à travers ses anecdotes et récits, et par une curatrice. Tous ont su donner aux œuvres de Rayess la place qu'elles méritent dans les livres d'histoire... Ces œuvres feront peut-être bientôt l'objet d'une exposition au prestigieux Centre Georges Pompidou.

L'ARP est un programme d'études et de recherches sur l'art contemporain mis en place lors de la rentrée universitaire 2012-2013 par l'artiste Paola Yacoub.Au cours de cette table ronde, Catherine David a, à son tour, invité Joe Tarrab (critique d'art), Amal Traboulsi (Épreuve d'artiste) et Gregory Buchakjian (historien de l'art, enseignant à l'ALBA) pour prendre part à la discussion sur Rayess et les années 60 et 70, période de sa maturitéartistique.Tarrab a commencé par préciser que pour comprendre la production artistique de cette période, il fallait avoir compris et assimilé certains développements remontant à la décennie précédente, celle des années 50. Parallèlement à l'émergence d'un «café culture» et au rôle prééminent que gagnait Beyrouth comme capitale régionale tant au plan politique...
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