Les activistes prorusses de l’Est exigent que des référendums similaires à celui de la Crimée se tiennent en même temps que l’élection présidentielle anticipée prévue le 25 mai. Igor Golovniov/AFP
Des manifestants prorusses ont pris hier le contrôle de bâtiments officiels dans l'est russophone de l'Ukraine, s'emparant des locaux de l'administration provinciale à Kharkiv et Donetsk, deux des plus grandes villes de cette région frontalière de la Russie.
À Donetsk, ville d'un million d'habitants, les manifestants ont exigé l'organisation d'un référendum sur le rattachement à la Russie, a constaté un correspondant de l'AFP. Les prises des bâtiments se sont faites sans violence, et les manifestants brandissaient des banderoles « Donnez-nous un référendum ». Les forces de l'ordre ont brièvement résisté dans l'après-midi face à des manifestants encagoulés ou capuches levées qui cherchaient à leur arracher leurs boucliers, avant de quitter le secteur. Une fois pris le bâtiment de l'administration, les manifestants ont entrepris de barricader les lieux, notamment avec des pneus, exigeant que les élus locaux tiennent une session extraordinaire sur l'organisation d'un référendum, faute de quoi ils menacent de désigner leur propre « conseil du peuple » pour le faire. Le parquet de Donetsk a indiqué avoir ouvert une enquête sur la prise du bâtiment.
À Kharkiv, où les manifestants s'en sont pris au bâtiment à la nuit tombée, elles se sont rapidement écartées pour se placer à une cinquantaine de mètres. Dans les deux cas, les manifestants ont rapidement amené les drapeaux ukrainiens bleu et jaune pour hisser à leur place le blanc-bleu-rouge russe. Ils ont déployé une banderole « République de Donetsk » sur la façade de l'administration de cette ville.
À Lougansk, autre grande ville de l'est du pays, des manifestants s'en sont pris au bâtiment des services de sécurité ukrainiens (SBU), également à l'issue d'un rassemblement prorusse, a constaté un photographe de l'AFP. Ils ont jeté des œufs puis des pierres, brisant des vitres. Des manifestants, certains cagoulés, réclamaient la libération d'activistes prorusses interpellés plus tôt cette semaine par le SBU et accusés d'avoir préparé une attaque armée du bâtiment de l'administration locale. La police a tenté sans succès de les repousser avec des gaz lacrymogènes.
Le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov a reporté en raison de la situation une visite en Lituanie, convoquant d'urgence un conseil de sécurité, a indiqué la présidence. Le ministre de l'Intérieur Arsen Avakov a lui accusé, sur sa page Facebook, « Poutine et (le président ukrainien déchu) Viktor Ianoukovitch d'avoir commandité et payé ces désordres séparatistes ».
Les régions de l'Est ukrainien, frontalières de la Russie, enregistrent tous les dimanches depuis la chute du régime prorusse de Kiev le 22 février des manifestations en faveur d'une « fédéralisation » de l'Ukraine, une solution officiellement prônée par Moscou, ou du rattachement au grand voisin. Les activistes prorusses dans plusieurs régions exigent maintenant que des référendums similaires se tiennent en même temps que l'élection présidentielle anticipée prévue en Ukraine le 25 mai.
Plus tôt hier, c'est le parti nationaliste ukrainien Svoboda (Liberté) qui avait annoncé qu'un de ses militants, par ailleurs journaliste, avait été retrouvé mort, portant des traces de tortures, après avoir été enlevé dans le centre du pays. Selon le parti, le meurtre pourrait être en relation avec ses articles sur un influent homme d'affaires local.
(Sources : agences)


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